Photos prise en juillet 2019.

Le château d'Havré est un château situé au nord-est de la ville de Mons, dans l’ancienne commune d'Havré.

L'origine de ce château est très ancienne. En effet, même si son emplacement actuel n’est attesté qu’à partir de 1226, son emplacement stratégique bordé par la Haine et bien protégé par des marais était déjà connu depuis le Xè siècle par les comtes de Flandre et de Hainaut.

À l'époque, un poste de guet, probablement en bois, est installé sur la Haine en amont de la ville de Mons pour prévenir les attaques. Avec les années, le poste est transformé en forteresse construite en quadrilatère, puis en château en passant entre les mains de différentes familles propriétaires.

En 1255, Ida de Mons se marie avec Englebert d’Enghien et ce sont les descendants de cette dernière famille qui seront les propriétaires du château jusqu’en 1423.

En 1518, le général Philippe II de Croÿ, illustre chef militaire de Charles Quint, devient propriétaire du château et est élevé peu de temps après à la charge de grand bailli du comté de Hainaut. Son fils, Charles-Philippe (1er septembre 1549 - Bruxelles † 25 novembre 1613 - en Bourgogne), qui fut élevé au titre de chevalier de l’Escurial, est connu pour son inconstance politique, mais aussi et surtout parce qu’après avoir été blessé d’un coup d’arquebuse, il fut soigné au château par Ambroise Paré, le célèbre chirurgien de Charles IX.

Charles Alexandre de Croÿ, marquis d’Havré, imagine un ensemble majestueux et coiffe le donjon octogonal (XIVe s.) d’un joli bulbe ardoisé (1603).

Les lieux, transformés en opulente demeure, voient défiler des visiteurs de marque : Van Dyck, Rubens, Marie de Médicis, l’Infante Isabelle, Marie de Hongrie, le duc de Malborough, etc...

En 1578, le château connut des périodes plus agitées lors des sièges que menèrent successivement contre lui les armées de don Juan et du duc d’Anjou et qu’il traversa sans grand dommage. Malheureusement en 1579 un incendie allait complètement le ravager et ne lui laisser que ses murs.

En 1900, des photos montrent encore le bâtiment presque intact. Mais son aspect aujourd'hui est plus proche des ruines, tout simplement à cause de l'abandon. Beaucoup de gens pensent qu'il a été bombardé pendant la guerre, mais pas du tout. Les derniers propriétaires du château sont morts sans héritier. Personne ne l'a plus entretenu. Il a été pillé par le voisinage, les toitures se sont effondrées, la végétation s'est incrustée dans les murs et le château a commencé à s'écrouler dans les années 1930 transformant l'édifice en "ruines historiques" que la commission des monuments et sites s'empressa de classer par Arrêté royal du 15 septembre 1936. 


Bâtiments dans la cour.

Des deux tourelles du châtelet d’entrée, seul subsiste aujourd’hui le rez-de-chaussée sous terrasse. De forme circulaire, voûtées en berceau, elles présentent des meurtrières, cheminée et latrines. A l’extérieur du même châtelet, on peut encore voir un point de fixation du pont levis.

Quand on se retourne sur le pont, on aperçoit la conciergerie : l’entrée principale du site. C’est sous son porche que le visiteur découvre la noblesse des lieux et la majesté de la tour d’Enghien.

 

La tour fendue.

Il s'agit en fait de l'ancienne tour des hôtes. Elle accueillait les invités du seigneur et disposait de latrines à chaque étage, une avancée pour l'époque. Malgré les grosses fissures qui la défigurent aujourd'hui, cette tour ne s'écroule pas. Il faut dire que ses murs font entre 2 et 3 mètres d'épaisseur. C'était une forteresse, donc il fallait absolument se protéger en cas d'attaque. Les fenêtres étaient fermées par des volets en bois qui étaient mis sur pivots et l'épaisseur du mur empêchait toute attaque et toute destruction.

Elle ne se visite que lors des journées du Patrimoine.

La Tour des Gardes.

La tour a été bâtie principalement en briques par les Enghien comme le rappellent les clefs de voûte armoriées du rez-de-chaussée, selon toute vraisemblance au XIVe siècle, avant 1423, date du départ de la famille. Il lui manque un étage, sans doute dès le XVIIe siècle.

Au rez-de-chaussée, une salle expose des maquettes, divers objets et tableaux...

Ce sont les anciennes girouettes datant du 17è siècle qui ont été retiré en 1925 du toit de la Tour des Cuisines avant que le bâtiment ne s'éffondre en 1930.

Ce sont "Les Hommes Sauvages" en chaudronnerie de cuivre d'une hauteur de 1,80 m. Les gourdins indiquaient la direction du vent.

Au premier étage, on trouve une collection de différentes armes et d'armures...

Les petites niches à arc trilobé, loges de lampes à huile ou bougies, servaient pour l'éclairage nocture.

Le second étage et l'étage des combles ont disparus.

 

Tour d’Enghien


Souvent assimilée à un donjon, cette tour est bâtie sur un plan octogonal.

Les trois premiers niveaux datent du XIVe siècle. ils ont été rapidement renforcés par une terrasse aménagée en chemin de ronde à créneaux puis en lieu d’agrément à balustrade (hélas disparue).

Le quatrième niveau et le bulbe, image symbolique du site datent de 1600 - 1603.

 

 

 

 


Partie nord du corps de logis avec la salle d'armes, les anciennes cuisines, la boulangerie, l'infirmerie, la chambre des Ducs et la chapelle...

Dans la salle d’armes au rez-de-chaussée. Cette salle peut être louée aux particuliers pour des mariages et autres événements...

L’arcade en pierre, visible près de l’entrée de l’ancienne cuisine, appartient à la courtine primitive. Elle porte encore quelques marches de chemin de ronde. 

Chapelle dédiée à Saint-Jean-Baptiste, elle est attestée dès 1370. Le seigneur avait une loge en retrait pour suivre les offices.

La Tour des cuisines.

On voit encore les traces de la cheminée monumentale dans la pièce. Il y avait dans le fond de la pièce un accès vers une latrine. En annexe, on trouve l’ancienne boulangerie.

Sur tous les murs, des sculptures en bois représentant des cerfs couchés avec sur le support en bois les armoiries de la personne ayant tué la bête lors de chasses organisées au château. La tête du cerf était empaillée et adaptée sur le cou en bois.

Un escalier à vis conduit à la chambre des ducs où sont exposés des armures et des armes. C'était la pièce la plus chaude du château grâce à la chaleur  du conduit de cheminée de la cuisine se trouvant un étage plus bas.

De cette pièce on a un accès vers l’infirmerie où le jeune prince Charles Philippe de Croÿ blessé fut soigné par Ambroise Paré.

Il guérit le Prince en appliquant, contre l'usage courant, la ligature des artères par cautérisation (1569).

Les outils chirurgicaux de l'époque pour traiter toutes sortes de blessures par flêches, lances et éclats de bombes...

 

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Commentaires (2)

1. Mélanie Aublé 16/07/2019

Merci beaucoup très beau reportage très documenté

2. Divin 13/07/2019

Merci pour cette belle découverte, nous sommes aller le voir, mais hors- saison, donc nous n'avons pas pu le visiter..
ça donne envie de le revisiter

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