Le château-fort de Beersel est un des rares spécimens de l’architecture militaire du moyen-âge dans notre pays. De nos jours encore, il apparaît comme une puissante forteresse entourée d’eau et défendue par de larges murailles d’enceinte et trois tours chaperonnées.

Construit vers 1300, il constituait une défense avancée de Bruxelles.

Les moyens de défense du château sont classiques : douves profondes, pont-levis, créneaux et merlons au sommet des tours, archères et une meurtrière près de l’entrée utilisées dans le cas où l’assaillant parviendrait à enfoncer la porte d’entrée.

Il ne fut jamais transformé en château d'agrément. Le visiteur y découvrira le mode de vie d'un château médiéval fortifié.

En 1934, le site est classé aux Monuments Historiques.

Entouré de douves, le château est construit (chose assez rare) en briques.

Seuls les soubassements, les angles des murs, les encadrements de fenêtres et de meurtrières sont en grès lédien et pierre d'Écaussines. Il présente une forme elliptique. 

Un pont fixe en bois enjambe le fossé qui entoure le château.


En cas d'attaque, ce pont était rapidement détruit pour empêcher les assaillants d'atteindre la porte.

 La porte est équipée d'un pont-levis reconstitué dont le mécanisme est en état de fonctionnement.

 

Nous franchissons une lourde porte en bois, bardée de fer.
Le couloir n'est pas très large, ce qui permet de mieux contrôler les entrées et les sorties du château.

Dans la voûte du couloir, on distingue un grand "mâchicoulis".
C'est par cette ouverture que l'on déversait les pierres, des charognes pour propager des épidémies ou des tonneaux remplis d'excréments sur les ennemis qui parvenaient à forcer la porte du château.

Les vestiges d'un logis médiéval datant de la fin du 15ème siècle. 

Au premier étage, un chemin de ronde relie les tours entre elles et longeait le mur d'enceinte du château. 

Comme moyen défensif ou de retraite, on remarquera les deux ouvertures pratiquées dans le chemin de ronde, entre la 2e et la 3e tour. C'étaient des issues d'où l'on pouvait s'échapper de nuit en cas de danger ultime et aussi envoyer des estafettes vers l'extérieur. Les hommes se laissaient glisser dans l'eau et pouvaient arriver à la berge à la nage. Ces ouvertures sont pratiquées du côté le plus marécageux, où les assaillants ne s'engageaient guère.

Vue sur le chemin de ronde non couvert.

   

Dépourvu de donjon, l'édifice comporte trois tours semi-circulaires, dont le toit était plat à l'origine. À une époque que la plupart des auteurs situent au XVIIe siècle, elles ont été munies de toits pointus s'appuyant sur des pignons à gradins.

Chacune d’elle compte trois niveaux : le premier utilitaire (corps de garde, salle de torture, cuisine), le deuxième servant d’habitation, le troisième de salle d’arme entourée d’un chemin de ronde surélevé.


La plupart des fenêtres donnent sur la cour intérieure du château.
Au XIII siècle, les fenêtres ne possédaient pas de vitres, elles étaient couvertes de papier huilé et protégées par des volets en bois.

Le w-c

 

Il est probable que la troisième tour, la plus élevée, ait fait office de tour de guet. De cette guérite, le guetteur dominait les quatre points cardinaux.

 

Les cachots auxquels on accède par une ouverture dans la cour, comportant deux petites salles basses ( avec latrines, un luxe à l’époque dans ce genre d’endroit !) éclairées par une meurtrière au ras de l’eau. Ces salles étaient régulièrement partiellement inondées lors des crues de la Senne, dont un des affluents alimente les larges fossés.

 Une oubliette.

La salle des tortures n'est pas accessible pour le moment.


En 1818, le château fut même brièvement loué à une manufacture de coton. 

Victor Hugo consacra quelques vers à l'édifice délaissé :

"Il gît là dans le val, le manoir solitaire.
Le moindre bruit s'est tu sous ses mornes arceaux.
Et chaque heure du jour voit tomber une pierre de ses sombres créneaux.
Le corbeau s'est logé dans ses antiques salles.
La chouette y redit sa plainte tous les soirs
Et le brin d'herbe entre les froides dalles de ses vastes couloirs".

 

Le saviez-vous ?

Une BD a pour cadre le château de Beersel

Willy Vandersteen de son nom complet Willebrord Jan Frans Maria Vandersteen est un scénariste et dessinateur de bande dessinée. Il est l'un des auteurs les plus connus de la bande dessinée belge.

 

Voici le résumé de l'histoire : Une chauve-souris verte sème la panique pendant une représentation théâtrale au château de Beersel. Isidore, le guide de Beersel, prétend que cette chauve-souris est un fantôme mais en quittant nos amis, il perd un parchemin. Bobette veut le ramasser, mais la chauve-souris se précipite également sur lui. En fait, il ne s'agit pas d'une chauve-souris, mais bien d'un chasseur de trésor, frère d'Isidore, qui complote avec Isidore et son autre frère. Nos amis vont-ils arriver à localiser le trésor de Beersel avant les trois malfaiteurs? 


Un lien à décourvrir avec de belles photos et des explications supplémentaires sur ce château

cliquez ICI


 

Commentaires (1)

1. pascal 29/12/2015

Un château riche et bien conçu suite au w-c . une découverte pour moi, qui pensait qu'il y en avait pas encore a cette époque . merci .

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