La visite du fort s’ouvre maintenant à toutes

les chambrées occupées par les détenus.

 


 

Le logement était prévu dans les casemates de béton.

L’humidité régnait en maître et couvrait les murs de moisissures et de salpêtre.

 

Témoignages de la vie quotidienne au camp en format pdf 

Le détenu qui n’est pas placé dans une cellule d’isolement ou celui qui en sort est envoyé dans une chambrée peuplée de trente-deux à quarante-huit Häftlinge (prisonniers).

Lits en bois superposés, tables, bancs et seau.

  

Il y faisait froid et humide en été, glacial en hiver.

Les serviettes de toilette qui, au début, étaient distribuées chaque samedi, ne parviennent jamais à sécher, même s’il arrivait que le poêle chauffe. 

Il n’y avait qu’un seul seau par chambre ; il servait à la fois, au nettoyage à l’eau le matin, parfois au transport du charbon le soir et aux besoins naturels la nuit. Le matin, il débordait et tout ce qui était tombé du seau, les pauvres devaient le ramasser à la main sous les coups des gardiens. 

Les matelas sont des sacs remplis de paille qui, vu l’humidité, pourrit rapidement.  A l’époque, les poux et la vermine infestaient les chambres. L’odeur putride de mort y semble toujours présente.

Les prisonniers doivent les refaire tous les matins, jusqu’à ce que ces paillasses soient plates et lisses, de sorte qu’aucun lit ne paraisse plus haut que l’autre. C’est l’occasion pour la brutalité des gardiens SS de se déchaîner.

Le lieutenant allemand SS Prauss et ses deux acolytes de la SS flamande, Wijs et De Bodt, excellaient dans cette inspection des Bettenbau.

Dans le couloir, il y avait peu de lavabos pour assurer l’hygiène précaire des habitants.

 Walter Obler et sa femme

Dans chaque chambrée, les SS désignent un responsable détenu, le Zugführer, le chef de chambrée, parmi les Häftlinge. Il exerce la discipline sur les détenus. Il se comporte souvent de manière encore plus féroce que les gardiens. Il pratique la délation pour préserver ses privilèges. Il attribue les lits et répartit la nourriture dont il se réserve la meilleure part. Obler avait par exemple le privilège de recevoir sa femme régulièrement.

Deux chambrées sont réservées au revier, qui n’a d’infirmerie que le nom : quelques lits, peu de médicaments et pas d’hygiène avant février 1944.


De quoi prendre les mesures et le poids des détenus, et de combattre un tant soit peu la malnutrition, la dysenterie, les rhumatismes, la hernie, la diphtérie, le typhus et les furoncles.

 

«Certains ne viennent là que pour y mourir. Plusieurs centaines d’hommes, nus et claquant des dents, défilaient devant un médecin pressé, qui les regardait à peine ou ne les regardait pas du tout », dira L.-E. Halkin.

À partir de 1941, un infirmier allemand est attaché au camp, un sous-officier de la Wehrmacht, surnommé Sanitäter.
Six se succèdent entre 1941 et 1944, surveillés de près par les SS dans l’exercice des soins qu’ils peuvent prodiguer aux détenus malades.

  

Le portrait de François Vander Vreken, décharné, après 5 mois à Breendonk dans la chambre 7 dite la "chambre des postiers".

Un groupe de 39 postiers de Bruxelles I, des gens ordinaires ... Ils n'ont pas commis d'actes de résistance spectaculaires et héroïques mais ils ont fait ce qu'ils pouvaient dans l'exercice quotidien de leur métier : par exemple en participant à la distribution de la presse clandestine, en risquant de contrôler le courrier allemand, en essayant d’intercepter les lettres de délation… Cela leur vaut quelques mois de Breendonk.

En 1941-1942, deux chambres sont transformées en cellules d'isolement pour les détenus spéciaux (Arrestanten) qui doivent être tenus au secret.

Les cellules ont une banquette rabattable. Pendant la journée (de 5 heures 30 jusqu’à 20 heures) celle-ci est retenue par une barre de fer qui ne peut être actionnée que par l’extérieur.

 Certains détenus ont les pieds entravés par des fers reliés à des chaînes fixées au mur, avec interdiction de s’appuyer contre le mur chaulé. Lors des grandes vagues d’arrestation, deux détenus sont parfois réunis dans une même cellule. Ils doivent rester debout côte à côte et attendre en silence la séance d’interrogatoire sous la torture ou l’exécution. 

Ces détenus sont l’objet d’une surveillance spéciale des gardiens SS du fort et s’ils sortent de leur cellule, voire de leur chambrée, un sac – la cagoule comme ils l’appellent – cache leur visage. (image de droite)

Dans un témoignage vidéo, Betty Depelsenaire, une des trente femmes qui ont connu l'enfer de Breendonk, raconte comment on la conduisait aux latrines, sous bonne garde et une cagoule sur la tête. «On recevait juste de quoi se laver le visage et les avant-bras. Après trois mois et demi de détention, vous imaginez...»

Avant d’être transférés vers d’autres camps, les résistants sont interrogés, maltraités et torturés dans le "bunker" ; un ancien magasin à poudre reconverti en salle de supplices mise en place en 1942, la particularité est qu'il n'y a pas de porte afin que les détenus se trouvant dans leur chambrée entendent les cris de torture.

Témoignages de victimes à lire en fichier pdf

 

Au sol, une petite rigole est aménagée dans le ciment pour laisser s'écouler le sang, l'urine, l'eau...

Les outils de torture sont là, muets, impressionnants:

Les prisonniers étaient élevés mains derrière le dos.

Les bras se déboitaient puis on les lâchait brusquement pour qu’ils tombent sur les arêtes des bois posés à terre à plusieurs reprises si nécessaire.

les étaux pour écraser les pouces et d'autres objets exposés dans une vitrine dans une autre salle

A la construction du fort, l'électricité n'était pas prévue dans cette salle de munitions, les SS ont donc dû tirer cette ligne pour pouvoir utiliser leur appareil pour donner des décharges aux endroits sensibles du corps...

Les tisonniers étaient chauffés à blanc dans le poêle au fond de la pièce

 

J'ai trouvé un document d'époque qui vous montre les tortures infligées aux prisonniers de Breendonk.

C'est en américain mais les images parlent par elles-mêmes...âmes sensibles s'abstenir ! 


La "place des exécutions" où, à partir de novembre 1942, l'administration allemande fait fusiller des prisonniers, en guise de représailles à des attentats commis par la résistance.

Chaque exécution oblige les autres Häftlinge à rester en chambrées. Leurs camarades sont tirés de la cellule pour être conduits à l’enclos des fusillés. Ils peuvent écrire à leur famille, mais ces lettres, remises au commandant du camp, ne parviennent pas à destination.

Les exécutions ne se font pas uniquement par balles à Breendonk. En face des poteaux d’exécution se dressait le gibet : trois potences, trois estrades, trois trappes.

Les personnes fusillées ou pendues étaient placées dans des cercueils en bois et emportées en ambulance ou en camionnette vers un cimetière. A l’origine, vers Beverlo, puis ensuite vers le cimetière du Tir National à Schaerbeek (Bruxelles) pour y être enterrés, sans aucun ménagement, on le devine.

Mais après le transport, les cerceuils revenaient vides ici.

Il n'existait qu'une vingtaine de cerceuils.


  

 

Commentaires (1)

1. gatto pascal 17/05/2014

c tous se que l'on peut qualifier en horreur , la tortures des détenues et tous se qu'ils y a d’inhumain. pas de mots pour cette méchanceté gratuite .mais les commentaire sont vrai et très bien expliquer.on peut l’imaginée et se voir a cette époque.

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