"Respectez ces lieux. Des hommes y ont souffert pour que vous viviez libres"

Ancien fort de l'armée belge, construit en 1906, il avait pour mission de défendre Anvers. Durant l’entre-deux guerres, l’armée belge va utiliser le fort comme caserne et ensuite comme Quartier Général en cas d’invasion. Le roi Léopold III s’y retirera d’ailleurs avec son état major durant la campagne de 1940.

 

 

 

Le 20 septembre 1940, les premiers détenus arrivent. En septembre 1944, 4 ans plus tard, au moins 3532 hommes et femmes (une trentaine) auront transité par ces murs, mais 1.733 d'entre eux n'auront pas survécu à la guerre. Au moins 200 prisonniers seront exécutés.

L’entrée du camp s’ouvre sur l’ancien corps de garde abritant la Wehrmacht officiant pour la surveillance extérieure du fort. Il donne sur l’entrée du fort, voutée et sombre. 

Le fort de Breendonk n'est pas définit comme un camp de concentration selon la SS, mais comme un camp de transit, donc un camp ou on ne fait que passer en attendant d'être envoyé dans un camp de concentration, voire d'extermination.
Mais après la visite du camp, on peut se rendre compte que les conditions des détenus sont, à quelques petites différences près, similaires au point de vue du régime de vie et de travail à celui des camps de concentration.

Le premier commandant Sturmbannführer du camp, Philipp Schmitt , au centre de la photo, l'air hautain et méprisant. Il envoyait régulièrement son chien Lump attaquer les prisonniers.

Dans ce couloir, à droite un local important : la cantine des SS allemands et flamands  qui commandaient le camp, ils y tenaient leurs beuveries et, à partir de novembre 1942, y fêtaient les exécutions de prisonniers.

Douze portraits en pied (un mineur, un garçon boucher, un ouvrier..., tous très jeunes) suspendus dans la cantine rappellent que cette pièce servit à l'occasion de "tribunal". Il n'y eut que 3 procès durant ces 4 années.

Ce fut le cas pour les 12 résistants du maquis de Senzeilles (petit village de Cerfontaine), arrêtés et déférés à Breendonk. Condamnés à mort à 14 heures, ils seront pendus à 18 heures...Pendus trois par trois. Promis au même sort, leurs compagnons assistèrent à leur supplice.

Au-dessus du mur principal, la devise de la SS : "Mon honneur s’appelle fidélité".

Il signifie que les SS n’ont d’autre règle que l’obéissance aveugle au Führer. Soldats du parti – et non de l’armée – ils incarnent la volonté personnelle d’Adolf Hitler.

Dans la cuisine est préparé des repas pour les gardes mais aussi les "repas" des prisonniers.

Des avis de décès (Todesscheine) sont affichés dans la cuisine. A chaque décès, les Allemands devaient compléter un document mentionnant la cause de la mort. Comme c’était souvent les mauvais traitements, ils inventaient une cause naturelle. Le plus souvent, c’était la pneumonie qui était invoquée.

 

Le déjeuner se prend à 5 heures 30 du matin avec 2 tasses de jus de glands torréfiés et 125 grammes de pain.

A 15 heures 30, c'est un litre de soupe claire.

A 18 heures, 2 tasses de jus de gland torréfiés et 100 grammes de pain.


Comme dans tous les camps nazis, la place d’appel, appelplatz, est le lieu de rassemblement quotidien et de comptage des prisonniers

 

 

Au centre de la cour, un petit bâtiment renfermant 4 WC français - largement insuffisants pour des centaines de prisonniers.

On installait aussi, au milieu de la cour, un grand tonneau où 12 détenus pouvaient s'installer, sans aucune intimité, sous l'oeil narquois des gardiens. Les détenus ne peuvent y rester qu'une à deux minutes.

 

A cet emplacement se trouvait un bâtiment détruit par une tempête dans les années 80

Un groupe de prisonniers habillés avec les uniformes retrouvés dans les réserves du fort. Ils devaient souvent répondre aux appels et rester des heures immobiles en attendant le bon vouloir de leurs gardiens. Ces vêtements, ils devaient les garder au moins trois mois. 

Si le but était de connaître avec précision le total quotidien de la population du camp, il servait surtout à imposer des mesures d’intimidation aux détenus.

Dès l'entrée à Breendonk, le prisonnier cesse d'être humain pour devenir un numéro, une chose, un objet. Les ordres sont braillés en allemand. Les prisonniers doivent se tenir debout, face au mur, parfois pendant des heures. Ils sont très souvent battus et humiliés. On imagine aisément la scène.


 

 

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Commentaires (2)

1. gatto pascal 17/05/2014

dur dur de voir se qui a bien pue se passer dans les camp ,mais c bien aussi de le publier car sa a fait partie de notre histoire la vidéo et les photos représente bien se qui est expliquer je veut lire la suite ..........

2. Brigitte Vanderhaegen-Limage 13/05/2014

Emouvant documentaire sur cette sombre période de notre histoire de guerre, qu'il nous soit épargné de vivre encore un tel cauchemard....Merci pour les photos recréant bien la cruauté de cet endroit dirigé par de vrais monstres...

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