Le mot potale trouve ses origines dans le wallon "potè" qui veut dire "petit trou", et qui proviendrait lui-même du mot néerlandais "putte" voulant dire "trou".

La tradition des potales remonterait au 14ème siècle. 

A la même époque, pour se protéger des malheurs, de différentes maladies ou de calamités comme la peste ou le choléra, par exemple, les habitants d'un immeuble creusaient dans le mur de façade un trou, une niche, dans laquelle ils déposaient la statuette d'un Saint ou celle de la Vierge Marie pour se mettre sous leur protection.

À l’intérieur des maisons, elles sont un petit autel dédié à un saint protecteur.

Certaines surmontent les arches qui ferment les ruelles.

En raison de leur valeur esthétique ou historique, de nombreuses potales sont considérées comme faisant partie du petit patrimoine et sont protégées par des arrêtés de classement.

Il existe aussi l'oratoire ou reposoir : une chapelle publique élevée au bord d’une route, consacrée à une dévotion particulière, à la Vierge, à un saint. 

A voir dans le Centre-Ville

Potale située  53 Quai au Foin

Le texte sous la potale est une prière quotidienne datant du moyen-âge

A PESTE FAME BELLO ATQUE NAUFRAGIO IBERA NOS IUGITER DIVA VIRGO
"Ste Vierge , délivrez-nous sans tarir de la peste, de la famine, de la guerre ainsi que des naufrages"

Merci Daniel pour ton aide de traduction  Clin d'œil

Elle contient un chronographe qui nous donne la date de 1681.

Les chiffres romains ayant été confondus avec des lettres, ils ont aussi été utilisés ainsi

M L L V V I LI IV I DIV VI = 1681

Merci Michel pour ta déduction Clin d'œil

 


Potale Saint-Roch située au Quai aux Briques 78 et l'angle de la rue du Pays de Liège

La statuette date du 18ème siècle.

Sur les quais, leur protection couvre à la fois les marins et leurs bateaux du naufrage ainsi que les citadins des maladies, peste ou choléra, souvent propagées par les voies fluviales. 


La rue du Chien Marin

qui abrite une petite chapelle baroque dédiée à Saint Roch, patron des pestiférés, datée de 1767.

 

Les chapelles jouaient à l'époque non seulement un rôle dans la vie religieuse mais elles avaient également pour fonction d’éclairer l’espace public.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Gravure réalisée d'après le dessin de Constantin Meunier (vers 1890).


  

Le portail rue du Rempart des Moines n° 21 est daté : "ANNO - ST ROCHUS - 1760".
Au sommet du portail, une potale abrite derrière un grillage en fer forgé une statuette polychrome de Saint-Roch.

La rue de la Cigogne  souvent dénommée à tort impasse de la Cigogne, commence rue du Rempart des Moines et aboutit rue de Flandre.

Cette strotje (comme on dit à Bruxelles), longue de plus ou moins 70 m, existe depuis bien avant le quinzième siècle , d'après les premiers plans de la ville.

Elle était misèreuse, mal fréquentée, insalubre et servit même un temps de prison/guetto.

Près de la Grand-Place 

Potale Saint-Nicolas située au 17 rue au Beurre

Elle doit dater des années 1400 et se trouve sur la façade de  l'ancien presbytère de l'Eglise St-Nicolas juste en face.

Chapelle dédiée autrefois, par les marchands, à Saint Nicolas, évêque de Myre en Turquie au 4è s. On ne connaît pas la date de sa fondation. Elle a subit au fil du temps de nombreuses modifications; saccagée, bombardée, effondrée, elle ne sera jamais entièrement détruite. Restaurée en 1954, elle reprend un nouveau visage. 

Les potales de la rue du Marché aux Herbes

Cette rue fut jadis une importante route marchande reliant Bruges à Cologne.
C'est l'existence de cette route qui motiva quelques mètres à côté la création, sur une zone très marécageuse, d'un marché qui allait devenir plus tard la Grand-Place de Bruxelles !

La rue était bordée d'un ruisseau (la Scoenbeke ou Ruisseau aux souliers). 

Vierge à l'enfant

sur la façade du n° 6

Ci-dessous : Potale Notre Dame située au n° 8 au dessus de l'Impasse des Cadeaux

L'impasse des Cadeaux n'a jamais eu que deux maisons. 
Cinq familles y étaient recensées en 1866 et en 1920. 
Nom donné en 1851. Pas de nom officiel auparavant. 
Maintenant elle n'est plus qu'un couloir qui mène à un café ancien dont le nom est gravé sur la pierre.

Estaminet A l'imaige Nostre Dame

Pour un délire bruxellois typique, c'est ici qu'il faut entrer. On pourrait dire que l'adresse est presque aussi vieille que la ville et s'y prélasser, c'est comme faire un arrêt sur le temps présent. Mobilier en bois, comptoir rustique et bières spéciales, on touche ici au coeur d'une authenticité rare.

En consultant les images sur Google, j'ai constaté que la Vierge actuellement a comme qui dirait un "défaut" !!!

La personne qui a recollé la tête ne devait pas avoir, ce jour-là, toutes ses frites dans le même paquet !!! C'est honteux et non-respecteux  !!!

L'Impasse Saint-Nicolas, donnant sur la rue du Marché aux Herbes au n° 12, fut construite après le bombardement de Bruxelles de 1695.


A l'entrée de cette impasse: un portail pseudo-baroque couronné par une potale abritant une statue de saint Nicolas.

Le tout est surmonté de l'enseigne de l'estaminet qui occupe le fond de l'impasse : « Au Bon Vieux Temps ».

Saint Nicolas, évêque de Myre, est le saint patron des marchands. 

L'impasse Saint-Nicolas n'était pas une impasse au 18ème siècle, car elle avait un prolongement coudée qui débouchait rue de la Fourche. 
En 1866, elle possédaient cinq petites maisons. 
En 1920, deux maisons abritant dix personnes. 
Maintenant elle donne accès à un café et communique avec la galerie du Centre.

L'Estaminet du Théâtre de Toone

Impasse Schuddeveld​ donnant sur la Petite Rue des Bouchers

rue du Marché aux Herbes 66

 

Merci Philippe pour la photo


Une très belle potale murale au coin de la Place de Louvain et du Treurenberg

Notre-Dame-aux-Neiges

En comparant avec une ancienne carte postale, on peut observer qu'elle a été réintégrée dans la façade du bâtiment actuel.

Une vierge à l'enfant a été replacée dans la niche sculptée baroque du 17ème siècle, cantonnée de volutes, posée sur un socle sphérique et ornée de têtes d'angelots

(d'après le livre "Le Patrimoine monumental de la Belgique" Volumes 0 à 2, page 365)

Elle porte le nom d'un quartier qui a été réservé tout un temps aux lepreux.

Potale et oratoire à Laeken

Située rue Mellery

Elle date de l'année 1625

On la découvre juste en se retournant. Dommage qu'elle soit vide !

Elle doit sûrement dater de la même période 

 Oratoire à Woluwé-Saint-Pierre 

 

située avenue Alfred Madoux  

 

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Commentaires (1)

1. pascal 28/12/2015

Tu nous régales toujours avec tes reportages ,aussi beaux les uns que les autres . merci.

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