Situé au coeur d'un quartier de Molenbeek, jadis fortement industrialisé, nommé l'ancien Manchester belge, le musée de La Fonderie est consacré à l'histoire du travail et de l'industrie en région bruxelloise.

Son musée illustre l’histoire du travail à Bruxelles et possède une large collection d’objets, de documents et de témoignages oraux et filmés sur le passé industriel de la ville.

Il est installé dans la Halle des Tourneurs, atelier de l'ancienne "Compagnie des Bronzes de Bruxelles".

Je vous raconterai l'histoire de cette "Compagnie des Bronzes de Bruxelles" en fin de reportage.

Centré sur l'humain, il propose une approche originale du développement industriel sous la forme d'expositions thématiques.

Son importante collection de machines et d'outils ainsi que la qualité des bâtiments récemment restaurés valent assurément le détour.

Le passé industriel de Bruxelles est divisé en 5 modules : développement de la région autour de ses industries

Le secteur du bois.

Une machine à laver en bois avec rouleaux pour essorage.

Pièces en bois servant de modèle pour les lustres.

Le secteur du métal.

Une ancienne machine à laver industrielle.

Une ancienne facturière datant de 1923 (USA). A été utilisée par le service comptabilité des Etablissements Windelinckx produisant des freins hydrauliques à Leeuw-St-Pierre. C'est un rare exemplaire de machine mêlant calcul et écriture.

La cuisinière en fonte de nos grands-mères.

Une ancienne machine d'imprimerie : Linotype (Line Of Type)

Le secteur du textile.

 

 

Le Jacquard et la mécanisation dans le textile.

Le métier à tisser De Backer ! Cette étonnante machine est la réunion de plusieurs inventions de l’époque : les aiguilles de Basile Bouchon, les cartes de Falcon et le cylindre de Vaucanson.

Ce métier à tisser porte le nom de son inventeur. En 1804, Joseph-Marie Jacquard, fils d'un tisserand lyonnais, combine et améliore différentes inventions pour mettre au point un métier simplifiant le tissage des étoffes façonnées.

 

 

Ce système est l'une des premières applications d'un codage binaire de l'information. Nous voici, malgré les apparences, à l'aube de l'informatique.

Les cartes perforées IBM ont facilité la tâche pour la programmation de la machine pour tisser des galons ou broderie sur des tissus.

Clavier de la machine.

Lingerie datant de 1931 et réalisation de pennes. La penne est la coiffe traditionnelle et folklorique des étudiants belges des universités non-catholiques.

Un exemple de dentelle de Bruxelles.

Machine SINGER de famille à navette vibrante. (1906)

La machine à coudre révolutionne la confection. A partir des années 1840, l'invention de la machine à coudre à usage domestique ou industriel, rend le travail plus rapide et les vêtements moins chers.

Ce lion en plâtre est un modèle ayant servi à la réalisation d'une oeuvre en bronze  dans cet atelier de la Compagnie des Bronzes. Son pendant en bronze se trouve depuis 1933 à New York au sommet de la grille du zoo. La grille est coulée à Molenbeek durant l’été 1933 et expédiée à New York en pièces détachées.

Une ancienne asphalteuse : l'asphalte a joué un rôle essentiel dans le développement industriel. Ce matériau résistant et étanche est utilisé pour des sols d'usine : il garantit des conditions d'hygiène optimales. 

Le secteur de l'alimentation.

Ce vélo de livraison de l'entre-deux-guerres a servi à livrer des produits alimentaires à Bruxelles jusqu'en 1952. C'était un moyen rapide et bon marché d'assurer les livraisons à la clientèle.

Véhicule de livraison du pain de l'Union Economique vers 1964.

Ancêtres du complément alimentaire, les comprimés "Yaourtine" étaient censés apporter un confort digestif et aider à l'hygiène intestinale par leur contenu riche en ferments lactiques.

Ustenciles de bouchers et les sachets de graisse de boeuf pour faire les meilleures frites.

Fausse charcuterie en plâtre servant de décorations dans les vitrines.

Torrefacteur Sirocco, un ouvrier chocolatier Ak Yaçar a travaillé sur cette machine jusq'en 1988. Il servait à torréfier les fèves de chocolat.


LA TRISTESSE - (Antoni Pleszowski) est exposée dans un des couloirs.

Elle représente une femme voilée, perdue dans ses pensées, inconsolable de la perte d'un être cher malgré le temps qui passe.

C'est lors d'un travail de dragage du canal à Nimy-Blanton que la police de navigation à remonté cette volumineuse statue. Après enquête, il s'est avéré qu'elle a bien été fondue à Molenbeek à la fin du 19e siècle par un artiste polonais. 

Cet exemplaire, qui serait une copie tardive de la sculpture polonaise, aurait orné une tombe en Belgique. Mais pour quelle raison s'est-elle retrouvée dans le canal ?

Le mystère reste entier.

 


L'extérieur du musée vaut aussi la peine d'être visité.

Nous y trouvons diverses machines, signe du passé industriel de Molenbeek, le plâtre monumental de la statue du jeune Abraham Lincoln, le pont roulant de la Compagnie des Bronzes, ...

Un lieu insolite qui a du charme.

Parlons maintenant de cette Compagnie des Bronzes de Bruxelles.

La fondation de la Compagnie des Bronzes date de 1854. C'est en 1862 qu'elle installe une partie de ses ateliers rue Ransfort à Molenbeek. Vers 1880, 200 ouvriers en moyenne travaillent dans les différents ateliers.

Spécialisée à l'origine dans la fabrication et le placement d'appareils d'éclairage public,

elle s'oriente à partir de 1870 vers la fonte d'œuvres d'art et de bronzes monumentaux. 

Elle a coulé en bronze des monuments aussi célèbres que la fontaine de Brabo à Anvers, le Toré à Liège, les statuettes du Petit Sablon à Bruxelles, le mémorial de Breendonk, des statues équestres de Léopold II (place du Trône) et d’Albert Ier (Mont des Arts), des portes monumentales du Palais de Justice ou le monument d’Éverard t'Serclaes près de la Grand-Place (toutes en Belgique) ... mais aussi partout dans le monde, nous pouvons trouver les monuments publics dans les villes comme Montréal, Toronto, Kansan-ville, Buenos Aires, Rio de Janeiro, Mexico, Chihuahua, Bangkok, Djakarta, Auckland, Melbourne, Paris, New-York, Grahamstown, Košice, Londres, Leeds, Dublin, Newcastle, Bristol, Amsterdam, Nijmegen, Groningen, Rotterdam, Edinburg, Metz, ...

À partir des années 1950, les commandes commencent à se faire rare, la gestion est catastrophique. La compagnie réduit peu à peu ses activités, jusqu’au jour de la dernière coulée en 1977 et la mise en faillite complète deux ans plus tard. Le site est acquis par une brasserie pour être rasé et devrait devenir une bouteillerie.

Si vous avez envie d'en savoir plus sur la Compagnie des Bronzes, voici un lien pour télécharger un fichier PDF à ce sujet.

 

 

Aucune note. Soyez le premier à attribuer une note !

Ajouter un commentaire

Créer un site gratuit avec e-monsite - Signaler un contenu illicite sur ce site