Situé sur le territoire de Molenbeek-Saint-Jean, le parc du Karreveld est agrémenté d’un château-ferme datant du 16ème et 17ème siècle qui  abrite aujourd’hui l’échevinat de la culture de Molenbeek et est surtout utilisé à des fins culturelles.

La commune en devient propriétaire au début des années 1930, en l’achetant au Comte de Villegas. En 1952, le domaine du Karreveld devient un jardin public.

Une légende locale prétend que le "Karreveld", le "champs de Charles" tiendrait son nom de Charles Quint qui s'arrêta dans la drève du château pour satisfaire un besoin naturel résultant de généreuses libations. Rien n'est plus faux puisque le hameau de "Carnevelt" était connu dès 1253, bien avant l'arrivée de Charles Quint. Le nom du lieu signifierait donc "champs de brique", ce qui semble confirmé par la présence d'une briqueterie voisine jusqu'au début du XXe siècle.

Le château-ferme du Karreveld

Le château, construit entre les 16e et 17e siècles, relève de la typologie des manoirs. A l’époque, une partie des bâtiments était affectée au logement, l’autre aux activités agricoles. Du bâtiment primitif, il ne reste que le pignon et la façade se mirant dans l’étang que prolonge, en bordure de l’eau, une terrasse à balustres de pierre ponctuée de quelques bacs à fleurs. Les autres parties, comme la grange, ont été reconstruites entre 1952 et 1958.

S’articulant autour d’une cour intérieure à laquelle on accède par un porche (restauré en 1997), l’ensemble arbore une architecture brabançonne typique en briques avec encadrement des portes et des fenêtres en pierres blanches. 

Les douves du château-ferme, alimentées par plusieurs sources ont été transformées en un petit étang situé à l’avant du château-ferme.

L’étang attire toute l’année des poules d’eau, des canards colverts et des ouettes d’Egypte.

Le grand cormoran, mais surtout le héron cendré y font de fréquentes apparitions.

Au total une petite trentaine d’espèces différentes d’oiseaux fréquentent les lieux.

A l’arrière on retrouve un petit jardin à la française aménagé autour d’une pièce d’eau en forme de croix.

Le reste du parc s’ouvre sur de grandes pelouses bordées par un chemin périphérique.

L’ensemble des limites du parc sont habillées par l’alternance de haies, buissons, arbustes et arbres formant un écran vert qui isole le parc de son environnement urbain.


Au début du 20e siècle, le domaine de Karreveld est à l’abandon, mal entretenu par ses propriétaires. Le tracé des boulevards de grande ceinture qu’on envisage de prolonger au-delà du plateau de Koekelberg pourrait le démanteler.

En attendant, le parc est parfois utilisé comme base pour le décollage de montgolfières.

Un vélodrome en bois pour l’organisation de courses cyclistes est construit à proximité en 1909. Il s'ouvre au public au moment où celui du bois de la Cambre ferme ses portes. Le Roi Léopold II,  fervent admirateur de «la Petite Reine» assiste bien souvent aux compétitions organisées sur l'anneau de bois.

Ces manifestations sportives attirent tellement de monde que le château-ferme est transformé en laiterie restaurant à l’enseigne « Grande Laiterie du Vélodrome ».

Le vélodrome aurait cessé son activité en 1916.

A la même époque, un cinéaste français, Alfred Machin, travaillant pour la société Pathé, devient directeur d’une de ses filiales, la Belge Cinéma Film.

En 1912, il fera construire au Karreveld un studio vitré et aménagera dans les infrastructures du vélodrome, des ateliers et des locaux pour les artistes. Sans oublier, dans le parc, un mini jardin zoologique ; certains de ses pensionnaires figureront dans les films qui y seront tournés. D’autres réalisateurs occuperont temporairement les lieux dans l’après-guerre.

Plusieurs films de qualité dont les deux premiers longs métrages belges conservés La Fille de Delft

et le prémonitoire Maudite soit la guerre sont tournés dans les studios du Karreveld.

En Août 1914, les troupes allemandes envahirent la Belgique. La production cinématographique belge fut alors interrompue et le studio du Karreveld ferma ses portes.


Depuis 1999, le château du Karreveld sert aussi d'écrin au super festival "Bruxellons" qui ne cesse de prendre de l'ampleur. Au total, une bonne centaine de représentations  se sont tenues dans la cour d'honneur, la chapelle ou la grange.

Janvier 2017

 

 

Ajouter un commentaire

Vous utilisez un logiciel de type AdBlock, qui bloque le service de captchas publicitaires utilisé sur ce site. Pour pouvoir envoyer votre message, désactivez Adblock.

Créer un site gratuit avec e-monsite - Signaler un contenu illicite sur ce site

×