saison 2015

Depuis plusieurs années, les faucons pèlerins sont de retour à Bruxelles.

Le premier couple s’est installé en 1994 au sommet de l’une des tours de refroidissement de la centrale nucléaire de Tihange, dans la vallée de la Meuse. En 2014, on a recensé une centaine de couples en Belgique. Certains nichent sur des falaises, d’autres sur des pylônes telecom, d’autres encore tout au sommet d’un haut bâtiment.

 C’est au printemps 2004 que, miracle, un couple vient s’installer naturellement au sommet de la cathédrale des Saints Michel et Gudule. Aujourd’hui, il y a une dizaine de couples qui nichent dans la capitale. C’est tout à fait exceptionnel pour une ville européenne,  alors qu’on ne compte pas plus de 100 couples à l’échelle de la Belgique. Parmi les endroits emblématiques où les rapaces ont élu domicile : l’église Saint-Hubert de Boitsfort, l’église Saint-Job à Uccle, l'église saint-Antoine à Etterbeek, l’église Notre-Dame de Laeken ou encore sur la tour de la maison communale de Woluwe-St-Pierre. 

Quelques vues des "maternités" des faucons à Bruxelles.

On trouve aussi des nids sur le Beffroi de Mons, la Cathédrale de Tournai, la Grand-Poste de Verviers,  la centrale Electrabel de Drogenbos, de Doel, au nord d’Anvers. Du balcon de leur nichoir, situé à 110 mètres de haut, les faucons voient jusqu’à la mer du Nord !


Pour la douzième année consécutive, un couple est revenu se nicher au sommet de l’une des tours de la cathédrale.

L’objectif était d’attirer ce type de rapace afin de réduire sur l’édifice la surpopulation de pigeons que ce bel oiseau chasse en plein vol.

Depuis 2006, c'est la même "maman" qui y revient. Née en 2002 sur une cheminée d'industrie dans la vallée de la Ruhr en Allemagne, depuis qu'elle a choisi Bruxelles pour y pondre ses œufs, elle a déjà élevé 32 fauconneaux (19 mâles et 13 femelles).
Son compagnon actuel est né à la Cathédrale en 2008.
"Monsieur (7 ans à peine) est donc beaucoup plus jeune que "Madame" (13 ans) et c'est un couple "incestueux" puisqu'il est le fils de sa compagne.
Cette consanguinité (assez rare chez les Faucons Pèlerins) ne pose apparemment aucun problème puisqu'ils ont déjà élevé 15 bébés faucons ensemble.

Le relais entre le mâle et la femelle durant la couvaison qui dure plus ou moins 32 jours.

Cette année, il y a 4 oeufs.

L'éclosion a eut lieu le 9 avril 2015

L’éclosion est un véritable travail épuisant pour un petit faucon qui pèse une cinquantaine de grammes à l’éclosion. Il ne peut compter que sur lui-même car les parents n’aident jamais un poussin à sortir de son œuf.

Le fauconneau troue d’abord la coquille et commence alors à respirer l’air en direct. Ensuite, méthodiquement, il cisaille cette coquille grâce à une petite excroissance qui se trouve au bout du bec, sur la mandibule supérieure. On appelle ce petit «outil» le diamant ou la dent de l’œuf. Il tombera naturellement quelques heures après l’éclosion.

Le poussin a (très) peu de place dans l’œuf et il doit donc pivoter sur lui-même pour progressivement, millimètre par millimètre, couper tout le  chapeau du gros bout de l’œuf. Cela peut lui prendre plusieurs heures.

Lorsqu’enfin il a fini, il se pousse en dehors de l’œuf et se retrouve sous le duvet bien chaud de la mère faucon. Il est épuisé, mais il dispose d’une réserve d’énergie qui va lui permettre de récupérer de l’effort. En effet, juste avant le début de l’éclosion, le vitellus – le jaune – de l’œuf, a été incorporé dans l’estomac.

Le jaune d’œuf est tellement énergétique que le fauconneau peut vivre plusieurs jours sans être nourri ; cela, dans le cas où les conditions météorologiques seraient tellement mauvaises que les parents auraient du mal à aller chasser.

Le mâle et la femelle chassent et nourrissent leurs petits.

Ceux-ci pèsent de vingt à quarante grammes à l'éclosion. Six semaines seulement plus tard, un mâle pèse 700 gr tandis qu'une femelle atteint 1 kg. Chez les Pèlerins, c’est la règle, les femelles sont toujours beaucoup plus costaudes. Cela leur permet de capturer de plus grosses proies (on a déjà trouvé des canards au sommet de la cathédrale !) que les mâles, mais aussi de défendre avec vigueur leur territoire.

Ils couvent les petits à tour de rôle. La règle veut que la femelle couve pendant la nuit.

Le pauvre a avalé une grande plume, il a du mal à l'éliminer de sa gorge.

Il tient fermement une Grive musicienne qu'il va plumer pour l'apporter ensuite aux petits.

Répertorier les proies capturées par les faucons permet de mieux connaître les oiseaux qui survolent Bruxelles, en particulier les migrateurs nocturnes. Les faucons se sont adaptés à la ville au point d’être capables de chasser la nuit, à la faveur du dôme de lumière créé par l’éclairage public !

Agés de 20 jours, les fauconneaux ont été bagués.

L’opération dure 2-3 minutes par fauconneau. La famille est donc baguée en un quart d’heure tout au plus. Il s’agit d’être efficace et concentré, afin de faire les bons gestes, de noter les bons paramètres et de remettre les poussins au plus vite dans leur nid. Les oiseaux ne reconnaissent pas leurs petits par l’odorat, mais bien au cri ou à la vue. Il n’y a donc, au contraire des mammifères, aucun risque que les parents rejettent leur progéniture car elle a été marquée d’une odeur humaine.

Par cette opération nous apprenons que la nichée est constituée de 4 femelles : deux plus grosses qui pèsent 696 g et 675 g. La première a été identifiée, en plus de la bague métallique de l’Institut Royal des Sciences Naturelles, par une bague noire gravée du code L/N. Cette bague en plastique permet un repérage à distance.

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Voici la vidéo du baguage des petits de Woluwé-Saint-Pierre, la pesée et une petite visite médicale.

La nichée 2015 des Pèlerins de Woluwe-Saint-Pierre est composée de 2 femelles et d’un mâle

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Depuis le 5 Mai, les fauconneaux s'aventurent en dehors du nid.

En dehors des nourrissages, les jeunes passent leur temps à dormir. Leur activité s’accroît avec le désir d’émancipation. Dès l’âge de trois semaines, les jeunes peuvent se tenir debout et se déplacer maladroitement. Âgés d’environ 1 mois, ils sont de plus en plus actifs, se déplacent dans l’aire, font des bonds et agitent frénétiquement leurs ailes. 

Ces derniers voient leur duvet blanc disparaître progressivement dès le 30e jour, laissant apparaître le plumage de vol. Ils passent beaucoup de temps à observer le ciel.

Les deux parents Pèlerin sont venus chacun apporter une proie aux 4 fauconneaux. La femelle est d’abord arrivée sur la plateforme avec un pigeon domestique entier. Quelques secondes plus tard, la mâle se posait entre les pilastres du balcon et apportait un premier Martinet noir, juste rentré d’Afrique tropicale.

Environ 7 semaines après l'éclosion, les fauconneaux se préparent à l'envol. Ils s'exercent les ailes avec vigueur, entraînent leurs réflexes et passent beaucoup de temps entre les pilastres du balcon, occupés à observer le ciel.

Les fauconneaux sont alors également de moins en moins nourris par les adultes. Ils mangent donc seul.

C’est probablement une manière de les stimuler à l’envol et certainement un moyen de leur faire perdre du poids. Un bon rapport poids/longueur des ailes est essentiel à un envol réussi.

Les parents Pèlerins redoublent de vigilance. Ils savent parfaitement que c’est une période à risque pour les fauconneaux qui vont quitter le nid. Ils sont particulièrement attentifs à la présence des Corneilles noires qui menacent les jeunes faucons. Corneilles et Pèlerins se détestent. Les corneilles les houspillent afin de se prémunir de leurs serres acérées – l’attaque est la meilleure défense. Les faucons les évitent, craignant leur bec puissant. Mais un fauconneau juste envolé, totalement inexpérimenté donc, ne résisterait pas longtemps aux attaques des corneilles. Lorsqu’elles s’approchent de la cathédrale, celle-ci sont donc, en cette période, violement attaquées par les parents Pèlerins. ​

Il fait venteux à Bruxelles et cela ne facilite certainement pas la tâche. Même posé sur un petit clocheton, elle est obligée d’ouvrir les ailes afin de garder son équilibre, comme le montre la vidéo ci-dessus. Mais d’heure en heure, elle va progresser, prendre de l’assurance afin de comprendre comment fonctionne les courants aériens, comment se servir de ses ailes, de sa queue et enfin comment capturer une proie en plein vol.

Pas le choix, les fauconneaux doivent apprendre par eux-mêmes ces techniques remarquables. 
Cela aussi fait partie du côté extraordinaire du Faucon pèlerin !

 

 

 

Commentaires (1)

1. pascal 28/12/2015

Un reportage extraordinaire , c tellement beau de voir l’évolution des faucons jusqu’à l’age adulte . merci .

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