La porte de Hal, seul vestige conservé en surface de la deuxième enceinte de Bruxelles, était l’une des sept portes d’accès à la ville médiévale. Elle fut érigé à partir de 1356. L’enceinte fut détruite entre 1818 et 1840 afin de permettre la construction des boulevards de la « Petite ceinture » que nous connaissons actuellement.

Derrière sa façade blanche entièrement nettoyée, les visiteurs peuvent découvrir, sous la forme d’une présentation permanente toute neuve, l’histoire du bâtiment et de son occupation à travers les siècles, mais également celle de la ville, de sa défense, de ses corporations, de son folklore, autant de facettes qui se révèlent étroitement liées les unes aux autres.

Ce bâtiment a subi de multiples transformations tout au long de son histoire.

La porte de Hal a servi successivement de grenier à grain, temple luthérien, de dépôt de mendicité, de prison et de dépôt d'archives, avant d'être transformée en un des premiers musées de Belgique à partir de 1847.

C'est le témoin le plus remarquable du passé médiéval de la ville.

Toutes les autres portes ont disparues mais la porte de Hal assumant la fonction de prison fut conservée pour cette raison.


La salle gothique, au premier étage, est consacrée à l’histoire de la deuxième enceinte de la ville et de la porte de Hal en particulier.

Des reconstitutions et des maquettes aident le visiteur à mieux comprendre l’impact de cette histoire ancienne sur la ville actuelle.

Légende : 1. assommoir/2. chemin de ronde/3. courtine/4. créneau/5. enceinte/6. fossé/7. meurtrière/8. talus.

 L'assommoir.

Les chevaux d'Albert et Isabelle.
Les chevaux naturalisés des archiducs sont les plus anciens d’Europe. La tradition rapporte d’ailleurs que ce cheval caparaçonné sauva la vie d’Albert pendant le siège d’Ostende, en 1602, tandis que le second était monté par Isabelle lors de la Joyeuse Entrée à Bruxelles en 1598.

L’armure d’Albert ainsi que celle, assortie, de son cheval sont de véritables œuvres d’art qui ont, probablement été confectionnées à Milan. Elles sont ciselées, gravées et dorées au feu sur toute leur surface. Ces pièces n’étaient pas utilisées durant les combats mais revêtues au cours des parades et constituaient indéniablement un signe d’immense richesse.

Le berceau dit de Charles Quint
Le berceau richement décoré a également dû appartenir à une personne de haut rang, même si, contrairement à ce qui a souvent été proposé, il n’aurait pas été réalisé pour le futur empereur Charles Quint, mais pour son père, Philippe le Beau.

Ces deux bas-reliefs habillaient la fontaine publique qui se trouvait dans la rue Haute, à proximité de la Porte de Hal avant la création des boulevards. L'eau se déversait dans deux bassins au travers des ouvertures centrales.

L'emblème de l'emprereur Charles-Quint, à savoir les deux colonnes au milieu des flots et sa devise personnelle "PLUS OULTRE" .

Les pièces métalliques destinées à la fontaine ne sont manifestement pas d'origine. La fonction première de ces panneaux, qui datent de la première moitié du XVIeme siècle, n'étaient donc peut être pas lié à l'eau.

Tous ces magnifiques objets faisaient partie des premières pièces installées à la Porte de Hal en 1847.

Lors des travaux de restauration de 1991, le décapage des murs a mis à jour, sous cette fenêtre, une ouverture quadrangulaire qui permettait de tirer au canon depuis l'intérieur du bâtiment.

Les entraves découvertes dans la prison.

Au XVIIe siècle, la porte de Hal devint une prison. En réalité, les vastes salles des portes de ville étaient, en temps de paix, régulièrement utilisées à d'autres finalités publiques. C'est ainsi qu'en 1658, la porte de Hal devint une prison militaire et, un siècle plus tard, une prison civile, rôle qui lui assura sa conservation lors de la démolition de l'enceinte. Elle conserva cette fonction jusqu'en 1824. 

Escalier vers les étages supérieurs.

Vue vers le haut de la cage d'escalier. Cette tour a été ajoutée au XIXème siècle. 


Le deuxième étage est dévolu aux guildes, ces puissantes associations de métier qui participaient à la gestion des villes d’autrefois.

Le lien avec la salle gothique est évident puisque les corporations étaient responsables de la garde et de la défense de la ville.

L'archiduchesse Isabelle à la fête des arbalétriers près de l'église du Sablon à Bruxelles. (Peinture à l'huile du XVIIème siècle attribué à Anthonus Stallaert).

A l'origine et dans certaines villes, l'oiseau qui servait de cible aux tireurs était placé au sommet des tours des églises. C'est d'ailleurs le cas ici, lors du tir royal annuel organisé par le Grand Serment des Arbalétriers de Bruxelles à l'église Notre-Dame du Sablon. Ce tableau illustre le concours de l'année 1615 auquel prit également part l'archiduchesse Isabelle. Ce jour-là, elle parvint même à abattre l'oiseau principal.

Une belle sélection d’œuvres d’art, évoque l’époque fastueuse de ces groupements. Certaines d’entre elles ont d’ailleurs bénéficié d’une restauration avant de pouvoir être exposées.

Colliers de Serments d'arbalétriers.

Torchères des guildes.

Lors de fastueux cortèges religieux ou profanes, les guildes défilaient en arborant des porte-torchères richement décorés qui servaient d'emblème reconnaissable du métier. Ils se composent d'un mât en bois auquel était fixée la partie décorative représentant le plus souvent le saint patron du métier, parfois un outil très usité ou un produit fini. Au-dessus du couronnement décoré était attachée une bougie ou une torche. 


Le 3ème étage est consacré pour les expositions temporaires mais malheureusement c'était vide lors de ma visite.


Au dernier étage, on découvre le grenier avec une magnifique charpente en bois datant du XIXème siècle. 

En 1868, l’architecte Henri Beyaert adapte l’édifice à sa nouvelle fonction de musée et en modifie largement son aspect extérieur. La tour est surmontée d’une importante toiture soutenue par une splendide charpente. On lui ajoute des tourelles, un chemin de ronde et de nouveaux créneaux.

L’ancienne porte est métamorphosée en un "château de conte de fées"de style néo-gothique.

Tout en haut de la cage d'escalier, on peut voir son nom inscrit sur la pierre bleue.


Suite du reportage pour découvrir le chemin de ronde et le panorama à 360° sur Bruxelles ainsi que le sous-sol de la tour...

Commentaires (3)

1. pascal 16/11/2014

très beau en plus tous ces colliers qui sont restés intacts et ce pauvre cheval qui a séché en même temps que son armure lol

2. Marie Claire Suel 16/11/2014

Je ne savais pas que Bruxelles contenait autant de richesses, je ne suis jamais passé devant, enfin c'est si grand Bxl, encore une fois un travail magnifique de recherches et d'investigations. Bravo Nicole

3. Brigitte Vanderhaegen - Limage 16/11/2014

Magnifique ,j'ignorais que ce vestige contenait tout cela ..on n'y prète plus attention car on passe devant depuis des années. Mais Clione veille au grain et nous rappelle des pans de notre histoire....grâce a elle nous nous instruisons avec plaisir .N'est ce pas le rève de tous les étudiants?....Merci pour tes reportages fabuleux souvent à deux pas de chez nous.

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