Le square Armand Steurs, un petit bijou ciselé...

Il porte le nom de celui qui fut le  bourgmestre de Saint-Josse-ten-Noode entre 1885 et 1899, et qui joua un rôle primordial dans l’acheminement de l’eau dans les faubourgs de Bruxelles en eau potable à bon marché, au départ des sources du Bocq.

Il crée la Compagnie intercommunale bruxelloise des eaux (la Cibe), parce que Bruxelles-ville refuse d'approvisionner Saint-Josse-ten-Noode. On creuse une gigantesque canalisation, direction Spontin ! 

En 1918, les édiles communaux rêvent de créer un parc où Steurs aurait sa statue.

Le mémorial Armand Steurs (1909)
Sur un large socle en pierre bleue situé en lisière nord du square, un médaillon à l’effigie d’Armand Steurs. Joseph Kemmerich en est l’auteur.
 

Le square Armand Steurs se présente comme un espace vert très travaillé d'une superficie d'environ 80 a.

Situé à deux pas de la gare de Saint-Josse, jusqu'en 1930 environ, le chemin de fer y était encore à ciel ouvert et le reste de son étendue servait de plaine de manoeuvre à la garde civique. L'endroit était d'ailleurs connu sous le nom de "place des Milices". Le chemin de fer voûté, l'architecte Eugène Dhuicque est chargé d'établir un projet d'espace vert public. Fils de Beyaert, Dhuicque est aussi connu pour avoir sauvé de nombreuses œuvres d'art et de bâtiments détériorés pendant la première guerre mondiale.

Chose peu connue, il est bâti sur une dalle enfouie dans le sol, sous laquelle circule la ligne de chemin de fer de la jonction Nord - quartier Léopold. Ce qui explique l'existence de la bouche d'aération dans la partie haute du square.

Le square Armand Steurs fut inauguré en grande pompe le 3 juillet 1932. Dès son inauguration, il est considéré comme le plus beau de Bruxelles.

"Lorsque la nature aura donné aux arbres et aux buissons leur plein développement, quand la patine du temps aura atténué quelques oppositions de couleurs, le square, dont la réalisation a donné, en période de crise, à tant d’ouvriers belges, terrassiers, carriers, paveurs, jardiniers et même mécaniciens, l’occasion de montrer leur maîtrise et de gagner leur vie, ce square sera, j’ose l’affirmer, l’un des plus beaux de l’agglomération bruxelloise." – (Georges Pêtre, bourgmestre de
Saint-Josse-ten-Noode dans son discours inaugural prononcé le 3 juillet 1932).

Le square a été conçu à partir de quatre éléments décoratifs : l’arbre du Centenaire et le mémorial à Armand Steurs dans la partie haute, et une fontaine ainsi qu’une imposante sculpture de Guillaume Charlier dans la partie basse, plus large, constituée d’une longue pelouse.

La déclivité y étant grande (plus de 5m entre le haut et le bas), on imagina un jeu subtil de pentes et d’escaliers.

Les arbres et arbustes, les haies, les fleurs ont été choisies pour leur vigueur, mais aussi pour que la floraison des unes succèdent à celle des autres. Une dizaine d’arbres sont repris dans la liste des arbres remarquables par la Région de Bruxelles-Capitale.

 "La Source" (1901), pour agrémenter l'espace vert, trônant devant l’exèdre où un arbre dit du Centenaire, car célébrant les 100 ans de l’indépendance de la Belgique, fut planté pour commémorer cet anniversaire. 
Pour saluer l’arrivée de l’eau du Bocq à Saint-Josse, la toute jeune Société intercommunale des eaux offrit à Armand Steurs son président, mais aussi bourgmestre de la commune, une jolie statuette en bronze réalisée par le sculpteur Julien Dillens (1849-1904).

Ce nu féminin aux allures d’une Vénus élevant une corne d’abondance, était présenté comme une allégorie des eaux du Bocq.

Les éléments architecturaux du square portent immanquablement la marque Art déco.

Exèdre ou banc circulaire en pierre bleue surmonté de colonnades de style antique, dont l’entablement porte l’inscription : "Saint-Josse-ten-Noode défend son autonomie mais participe aux ententes intercommunales". L’architecte Dhuicque exprima par cette construction, certes traitée de manière moderne, son goût pour l’Antiquité gréco-latine.

Dans la partie basse, on trouve aussi un groupe sculpté, "Les Carriers" de Guillaume Charlier.

 

Ami de l'architecte Victor Horta et de Van Cutsem, alors inconnu de tous, il travailla avec eux.
Van Cutsem, collectionneur d'art, avait acquis des propriétés avenue des Arts n°16. Les collections y étaient exposées sous des verrières conçues par Horta. A la mort du mécène, Guillaume Charlier entre en possession de l'hôtel de son ami qu'il lèguera en 1925 à la commune de Saint-Josse, sous condition qu'on en fasse un musée :

le Musée Charlier était né.

 

 

Les carriers (1909)
Imposant monument en petit granit de Sprimont, montrant des ouvriers tirant ou poussant un énorme bloc de pierre.
Cette œuvre tout en mouvement ne fut pas réalisée à l’origine pour le square. Elle faisait partie de la collection personnelle du sculpteur qui, à sa mort, fit de sa commune, Saint-Josse-TenNoode, le légataire de son œuvre. Lorsque se concrétisa le projet de réalisation du square Armand Steurs, le monument y trouva tout naturellement son écrin.

Le square connaîtra  plusieurs incidents qui provoqueront son dépérissement.
D’abord en novembre 1944, la chute d’une bombe (il faudra plusieurs années pour restaurer la partie abimée). Puis, en 1961-1962 les travaux de pose du collecteur du Maelbeek qui éventreront toute la partie basse du square. La restauration du site à l’identique ne sera jamais terminée. Enfin, un manque cruel de moyens qui, associé au vandalisme, affectera l’entretien
du parc. 

L'espace vert a  été rénové en 1988 par la Région bruxelloise. Son classement date du printemps 93.


Armand Steurs est inhumé au cimetière de Saint-Josse-ten-Noode.


Commentaires (1)

1. pascal 28/12/2015

super ,mais se qui ma plus le plus, c'est le monument des ouvrier .imposante mais magnifique .merci

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