Le Parc Josaphat est un parc schaerbeekois de 20ha à Bruxelles, aménagé en parc public par le paysagiste Edmond Galoppin en 1904.

On raconte qu'en 1574, un pelerin aurait donné le nom de vallée de Josaphat en raison de la ressemblance avec la vallée du même nom près de Jérusalem.
Ce n'est que bien plus tard que naît le Parc Josaphat.

Profitant du dénivellement de la vallée à cet endroit, le parc fut aménagé dans l’esprit paysager des promenades publiques à l’anglaise.

En pleine urbanisation galopante, Schaerbeek décide d'anticiper et de conserver un poumon vert à sa vallée.
Après de nombreuses expropriations, on inaugure le Parc Josaphat le 26 juin 1904 avec la présence du Roi Léopold II.

Galoppin s'attache à donner au parc une apparence pittoresque en créant dans sa partie basse des enrochements en rocaille et des chemins irréguliers serpentant autour d'un chapelet d'étangs. 

Pont rustique, d’aspect pittoresque surplombant le plus vaste étang du parc, réalisé en rocaille imitant les planches et branchages, entre 1905 et 1914. Il a été refait à l’identique lors de la restauration de 2006-2011. 

Au 19e siècle, la vallée était devenue une promenade appréciée des citadins, où l'on venait savourer une tartine au fromage en buvant une gueuze, une kriek ou un faro dans l'une ou l'autre ferme transformée en guinguette.


En conformité avec l'esprit encyclopédique du XIXème siècle, le parc se voulait aussi jardin botanique et zoologique.

Jardin botanique, il l'est resté, d'une part par la variété des essences qu'il renferme (tilleuls, hêtres, érables, chênes, frênes, bouleaux, platanes, magnolias, catalpas, chênes, pins noirs, aubépines, ormes, marronniers, peupliers du Canada,...), d'autre part en raison de la présence de spécimens rares comme le cyprès chauve ou le tulipier de Virginie. Un grand platane y est répertorié parmi les arbres les plus remarquables de Belgique.

Situé dans la partie basse du parc, mobilier en fausses branches et planches de bois, entre 1905 et 1914. Certaines chaises ont perdu leur dossier. 


Le parc comprend près de 3.000 arbres.

Un magnifique saule pleureur au bord de l'étang.

On y laisse pousser la végétation pour permettre aux plantes de nos régions de s'y développer en un pré fleuri. Cette zone est fauchée plusieurs fois par an avec pour résultat d'augmenter la biodiversité et aménagé un milieu privilégié où insectes et petits animaux trouvent le gîte et le couvert.


Jardin zoologique, le parc l'est resté aussi puisqu'il accueille une  basse-cour et un pigeonnier.

Pour accueillir les centaines d’oiseaux acquis auprès du zoo d’Anvers, une première volière est inaugurée en 1913. Les visiteurs du parc peuvent y observer canards, pintades, oies, cygnes, faisans, mais aussi des paons qui se font très vite remarquer pour la beauté de leur plumage. La vente des œufs de ces différents volatiles assure également un petit apport financier à l’administration.

L’attraction principale du parc… les paons !

On vient de loin pour voir ces paons qui font la fierté du parc. Ceux-ci deviennent même le sujet central de quelques cartes postales éditées au début du XXe siècle. Mais les paons ne font pas le bonheur de tous. En effet, au cours du siècle passé, plusieurs riverains se plaignent du bruit que font les cris de ces oiseaux, et tout spécialement la gêne occasionnée la nuit. Ne souhaitant pas se séparer des paons, les autorités communales préfèrent sacrifier le sommeil de quelques-uns et laisser les admirateurs de ces oiseaux continuer à se presser devant la grande volière du parc.

Camille et Gribouille sont les deux ânes mascottes du parc. Ils promènent les enfants dans le parc.

Mais pourquoi la commune a-t-elle le surnom de cité des ânes ???

En 1163, Godefroid Ier, Duc de Brabant, autorisa les meuniers de Scarenbecca à pénétrer dans la ville de Bruxelles avec des ânes chargés de farine, de fruits et des légumes. Ils suivaient l'Ezelweg (chemin des ânes), actuelle rue Josaphat, qui se poursuit à Saint-Josse.

En 1786, on dénombrait 389 hommes et 982 ânes, soit trois fois plus d'ânes que d'hommes : c'est ainsi que Schaerbeek était dénommée jadis "Le village des ânes".


La Fontaine d'Amour

Le "Rinneborre" (fontaine claire) situé dans le parc Josaphat est l'une des trois sources du Roodebeek, affluent du Maelbeek.
Deformée en "Minneborre" (fontaine d'amour) par l'imagination populaire, cette fontaine est à l'origine de plusieurs légendes.

Voici la plus populaire :

Il était une fois, sur la colline au pied de laquelle jaillit cette source, un manoir occupé par d'heureux châtelains.
Ils avaient une fille unique, jolie, tendre et sage, prénommée Herlinde. Un soir de tournoi, elle fit la connaissance d'un jeune chevalier nommé Théobald. Très vite, ils s'éprirent l'un de l'autre et chaque jour, au crépuscule, ils se retrouvaient près de la source. Hélas, le chevalier reçut un jour un ordre de départ et quitta sa dulcinée après mille promesses de fidélité et de retrouvaille.
Chaque soir, Herlinde venait seule à la fontaine pour rêver à celui qu'elle aimait, aux heures passées qu'elle regrettait et aux heures prochaines qu'elle espérait. Mais le temps passa et jamais le beau Théobald ne donna le moindre signe de vie. Dès lors, lasse d'attendre et épuisée de chagrin, la pauvre Herlinde se noya dans la source.

En 1943, Fr De Roy légua une somme d'argent pour l'édification d'un monument attaché à la légende mais ce n'est qu'en 1986 que le sculpteur De Rijk immortalisa, dans un bloc de marbre de Carrare, Herlinde se jetant dans la fontaine d'Amour.

Site vanté par les écrivains et les artistes, refuge des botanistes et des ornithologues, le parc est aussi un musée en plein air de sculptures. En effet, au hasard des allées, on y découvre plusieurs effigies ou bustes d'écrivains (Emile Verhaeren, Nestor de Tière, Hubert Krains, Albert Giraud et Georges Eekhoud) et d'artistes (les peintres Léon Frédéric et Oswald Poreau et le compositeur Henri Weyts).

Il y en a trop pour toutes vous les présenter.

Le kiosque à musique et la statue de l'Elagueur.

L'Elagueur par Albert Desenfans et Cendrillon par Edmond Lefever

La Maternité par Maurice De Korte et Emile Verhaeren (poète) par Louis Mascré

Eve et le Serpent (1913) par Desenfans et Borée par Joseph Van Hamme (1922)

La partie haute du parc, autour des quatre mâts élevés, est réservée aux passionnés de tir à l'arc.

Une guilde y a d’ailleurs ses installations.

Le parc Josaphat, centenaire depuis 2004, est classé par arrêté royal le 31 décembre 1974.

 

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Commentaires (5)

1. Myriam 05/08/2018

Une très belle re-découverte de ce parc. Merci pour ce beau reportage.

2. Mélanie Aublé 02/08/2018

Très beau parc, rafraîchissant, qui me fait penser à la Forêt de Montgeon du Havre. Merci beaucoup.

3. Divin Voyageur 30/07/2018

Très beau parc, merci pour cette mise à jour

4. gatto pascal 11/06/2014

Très beau parc , dommage pour herlinde qui a attendu pour rien , ce parc a une particularité, celui de l'eau qui coule partout et apaise. Les promenade doivent être des plus agréables , pour preuve les ânes et les pigeons imperturbables lol . Grand merci .

5. Elodie 11/06/2014

Très beau parc. J'adorerais m'y promener :)

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