Des masques utilisés lors du rite d’initiation masculine dans la population du sud-ouest de la R. D. Congo, sont exposés au musée Belvue.

La plupart de ces pièces, qui se distinguent par leur qualité plastique et leurs formes exceptionnelles, n’ont encore jamais été montrées au public ou publiées.

Ces masques géants et exceptionels font partie d'une collection d'objets ramenés en Belgique par les pères Jésuites. 

Les jésuites débarquèrent au Congo dès le XVIe siècle avec les Portugais. Mais leur mission commença vraiment en 1893 après la conférence de Berlin, quand le Congo était encore propriété privée du Roi. Essentiellement, de la fin des années 1910 jusqu’en 1950, les jésuites récoltèrent plus de 4 000 objets ethnographiques, et souvent les commentèrent. Ces prêtres avaient appris les langues locales, étudiaient les religions et coutumes. Et ils envoyaient au musée de Tervuren les pièces acquises, discutant d’égal à égal avec les scientifiques du musée. Leurs collections étaient conservées au musée de missiologie d’Heverlee près de Louvain, jusqu’en 1998, quand les jésuites les confièrent en prêt à Tervuren. Ces pièces ont été acquises de multiples manières : objets de cérémonie devenus sans valeur religieuse, pièces refaites pour être vendues, etc.​

L’exposition se divise en trois parties.

Dans la première partie on découvre le contexte historique des Jésuites au Congo et on y dresse le portrait de quelques jésuites-collecteurs. A l’aide de nombreux documents tels que des lettres ou des cartes, expliquent la collecte d’objets et la collaboration entre le Musée Royal de l’Afrique Centrale et les Jésuites qui date de 1910.

Cette salle montre des objets de différentes ethnies de la région, joints à des documents et livres d’époque. Comme cette figure étonnante d’une femme en train d’accoucher avec la tête du bébé sortant entre les jambes.


La deuxième section présente le rituel d’initiation, le mukanda chez les Yaka et les Suku, ainsi que chez certains autres peuples voisins, au travers d’un ensemble de masques relevant de cette initiation.

Le rituel mukanda s'étendait du sud de la RDC jusqu'au nord ouest de l'Angola et au nord de la Zambie.

Les adolescents étaient séparés de leurs parents durant plusieurs mois voire des années, pour camper dans le désert, de sorte à développer leur résistance et apprendre les règles de la vie en communauté.

Ils y étaient préparés à tous les aspects de la vie adulte. Souffrant de privations et de brimades, ils apprenaient à chasser, recevaient une éducation sexuelle et s’exerçaient à danser avec les masques. Le retour au village se faisant par des danses masquées. Dans le "n-khanda", le danseur masqué s’identifiait aux ancêtres et à leur force vitale, assurant la fécondité au jeune danseur.​


La troisième et dernière partie est le point phare de l’exposition. 

Des masques pour effrayer.

Plus de vingt masques immenses, rarissimes, nous regardent. Ce sont les masques les plus importants de ces rites Yaka et Suku. Appelés "Kakuungu", ils étaient portés par le "grand prêtre", les initiateurs les plus importants, et étaient destinés à effrayer : traits exagérés, joues grossies, longs cils. 

kakuungu est un masque bien trop pesant et encombrant pour être destiné à la danse. C’est un vrai masque rituel, magique, lié à la fécondité et censé garantir la protection des novices, notamment en contrôlant les flux, celui du sang (en lien avec le risque d’hémorragie lors de la circoncision) et celui de la pluie.​

Pour la première fois exposés ensemble, côte à côte, ces masques dégagent une force impressionnante. Même si certains d’entre eux ont gardé un aspect terrifiant, tous demeurent empreints de mystère, comme s’ils demeuraient reliés à des forces inconnues. Mais notre regard a changé : qui oserait encore qualifier de "fétiches" ces pièces d’une beauté extraordinaire, dont certaines sont de purs chefs d’œuvres qui suscitent la jalousie des plus grands musées du monde…


 
Commentaires (1)

1. pascal 28/12/2015

Pour ne pas changer , on arrive à exploiter des masques de rituel encore et toujours pour de l'argent . Franchement , je ne pensais pas voir des masques du Congo dans tes reportage , tu est la meilleure. Merci .

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