Un parcours souterrain à la découverte des vestiges du palais de Charles Quint.

Ce coin méconnu de Bruxelles souterrain est un petit joyau mystérieux, dans lequel le visiteur se promène au fil de ruelles moyenâgeuses pour aboutir dans la fameuse salle d’apparat Aula Magna​

Début de la visite.

Ces vestiges sont un ensemble de caves voûtées qui se succèdent et constituent un véritable labyrinthe médiéval où l'on découvre 700 ans de l'histoire de Bruxelles.

Depuis le Moyen Âge, une résidence princière domine la ville de Bruxelles sur la colline du Coudenberg. Cet ensemble architectural, qui se développe à partir du 12e siècle, est l’un des plus beaux palais d’Europe et une des résidences principales de Charles Quint.​

Edifié au XIè siècle sur ce qui était jadis la colline du Coudenberg, l'ancien Palais de Bruxelles fut durant plus de six cents ans celui des Ducs de Brabant, Ducs de Bourgogne, Charles Quint et les Archiducs Albert et Isabelle qui s'y succédèrent.

Célèbre pour sa beauté, le charme de ses jardins et ses collections artistiques, il fut détruit par un terrible incendie en 1731. Ses ruines furent alors rasées pour permettre la construction de l'actuelle Place Royale, après 1775.

Sous les pavés de celle-ci demeurent cependant les impressionnants vestiges de l'époque qu'on a dégagés au prix d'impressionnants travaux menés par les archéologues durant plus de 20 années.​

Voici un plan pour vous donner une idée de la superficie à découvrir.

Basse-fosse de latrine du corps de logis.

Murs et niches, vestiges les plus anciens (12è siècle ?) niches 
qui accueillaient à l’origine des lampes à huile. Certaines de ces niches ont été réalisées en même temps que les murs d’origine, d’autres ont été creusées par après. ​

Cette partie du site est la plus ancienne du palais connue des archéologues. Un mur peu épais, percé d’étroites fenêtres, date du 12e siècle. A cette époque, nous sommes dans un château fortifié qui sera intégré à la première enceinte de la ville dès le 13e siècle.​

Deux caves aménagées au 15e siècle.

La forme étroite des fenêtres évoque des meurtrières, mais leur partie inférieure en pente n’était pas destinée au tir, mais bien à faciliter l’éclairage naturel des pièces semi-enterrées. Ces fenêtres étroites assuraient également l’aération des salles, tout en les protégeant d’une intrusion.

Un couloir mène au sous-sol niveau-2 de la chapelle du palais bâtie pour Charles Quint entre1522 et 1553.  

De larges piliers octogonaux de 4m de périmètre et des murs extérieurs épais de plus de 2m supportaient donc un premier niveau de caves et puis la chapelle elle-même. Ces pièces servaient à stocker différentes denrées.​

Vue sur la rue Isabelle. 

Aujourd’hui souterraine, elle était jadis à ciel ouvert.​ Elle porte le nom de l’archiduchesse Isabelle qui gouvernait nos régions au 17e siècle au nom de son père, Philippe II, roi d’Espagne.​

Rue Isabelle à hauteur de la chapelle.

Le point le plus bas de la rue Isabelle.

Projection "Parc et jardins"

L’immense terrain de la Warande, délimité au 14e siècle par la seconde enceinte de la ville, servait de terrain de chasse et de lieu de promenade aux habitants du palais. Il était composé d’un bois, de terrains vallonnés, de vignobles, d’un labyrinthe, de terrains de jeux...

Mur de l'Aulna Magna (grande salle d'apparat du palais) et le point le plus haut de la rue Isabelle. Le trafic routier passe juste au-dessus de nos têtes.

La dalle de béton qui la surplombe aujourd’hui a été coulée pour soutenir la place, tout en maintenant dégagée cette partie des vestiges. ​

Conduite d'évacuation des eaux usées.

Un conduit traverse le mur de haut en bas. Il est relié à une fosse creusée dans le sol qui s’étend sous la rue Isabelle. Ce dispositif servait de latrines et de poubelles. Le sol de cette fosse d’aisance est en terre afin d’absorber les déchets organiques (à une époque où les égouts n’existaient pas). Les archéologues y ont découvert des objets d’époques différentes car le palais, et donc ses toilettes, ont été utilisés pendant plusieurs siècles. La fosse d’aisance intéresse les archéologues parce qu’elle dévoile la manière dont les habitants du palais vivaient : ce qu’ils mangeaient (déchets tels des os de poulet), dans quels récipients ils préparaient et servaient leurs repas. 

A droite : les cuisines de la salle Aulna Magna.

Escalier menant vers la tour nord-ouest de l'Aulna Magna.

Des pierres sculptées retrouvées dans les remblais proviennent des anciennes voûtes gothiques de ce sous-sol. Il s’agit de clés de voûtes qui maintenaient ensemble les pierres des nervures de plusieurs croisées d’ogives.
Le motif sculpté sur la pierre se compose de trois boucles en forme de B, des briquets encadrés par des flammes. Il s’agit de l’emblème de Philippe le Bon, duc de Bourgogne, pour qui la ville a financé cette grande salle. Ce motif fait figure de signature mais est également un élément de datation.

Des cheminées monumentales témoignent de la fonction de cette partie du sous-sol : une cuisine où étaient préparés les mets destinés aux banquets organisés juste au-dessus, au rez-de-chaussée. Les plats étaient acheminés dans la grande salle par des escaliers situés dans les tours d’angle. Cette cuisine servait exclusivement aux événements organisés ici. Le palais disposait par ailleurs de cuisines aménagées dans un bâtiment distinct pour nourrir l’ensemble de ses habitants.

Du grand bâtiment ayant abrité l’Aula Magna, la grande salle d’apparat du palais qui faisait environ 15 mètres de large et 50 mètres de long​, il ne subsiste que le niveau des caves, aujourd’hui situé directement sous la place Royale. Ce niveau servait de cuisines et de zones d’entrepôt.

Face aux cheminées, un tas de gravats est recouvert de dalles de pierres. Il s’agit du dallage de la grande salle aujourd’hui disparue. Lorsque l’Aula Magna a été démolie en 1774, le sol du rez-de-chaussée s’est effondré ici, un étage plus bas. ​

Cette salle d’apparat était aménagée pour des fêtes (comme des banquets) et des cérémonies officielles importantes (comme l’abdication de Charles Quint).​

La manière dont les tailleurs de pierre travaillaient et les traces laissées par leurs outils évoluent à travers le temps. Ces traces permettent aujourd’hui aux archéologues de dater les constructions anciennes.

Départ des anciens escaliers menant à la cour intérieure du palais. 

Suite de la visite : la très belle exposition Vésale médecin de Charles Quint dans l'Hôtel d'Hoogstraeten

cliquez ici 

 

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Commentaires (1)

1. pascal 28/12/2015

bravo à la Belgique, pour les sous-sols de ce palais si bien entretenu .

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