André Vésale (1514 – 1564)

André Vésale est né à Bruxelles en 1514, il a étudié à Louvain, avant de partir pour Paris, puis de terminer ses études de médecine à Padoue, où il fut reçu médecin en 1537.

Nommé professeur d’anatomie et de chirurgie dans l’université de la même ville, il illustrait ses cours avec des planches dessinées, pour pallier le manque de cadavres à disséquer. En se basant sur ses propres dissections, il corrigea un certain nombre d’erreurs de ses prédécesseurs.

Des prédécesseurs qui, ainsi que la plupart de ses contemporains, se contentaient de répéter ce qu’avaient prétendu des auteurs de l’Antiquité comme Galien et Hippocrate, sans toujours se baser sur l’observation directe.​


Cette initiative du Musée de la Médecine met également en lumière la relation qu’entretenait le scientifique avec son patient le plus célèbre, l’empereur Charles-Quint, l’homme le plus puissant du 16ème siècle.

Au milieu des trépans, clystères et autres documents de l’époque, le visiteur découvrira le destin hors du commun du plus célèbre médecin bruxellois ainsi que les principales maladies de la Renaissance dont a pu souffrir le monarque prognathe ou son entourage.

La démarche d’André Vésale fait de lui un des pionniers de l’anatomie moderne, comme l’illustre son fameux traité intitulé « De Humani Corporis Fabrica » (La fabrique du corps humain), qu’il dédie à l’empereur Charles Quint.

A Bruxelles, André Vésale ne manquait pas de travail. Son empereur souffrait de plusieurs maladies : goutte, migraine, malaria, caries dentaires et même syphilis. Pour le soigner, il s’est employé à utiliser des plantes médicinales connues à l’époque. Il était donc à la fois un connaisseur et un praticien renommé de l’art de guérir du 16e siècle. Par son attitude rationnelle et sa démarche scientifique, il a posé les jalons de la médecine moderne.

Petits pots à onguents du 16ème siècle découvert dans les fouilles du palais de Charles Quint.

C'est en 1492 que Christophe Colomb découvre à Cuba le tabac fumé, par la bouche ou par le nez, sous forme d'un tube de feuilles roulées ou mâchonnées longuement en les mélangeant avec de la chaux. Le tabac  a été rapidement reconnu comme vomitif, purgatif, vulnéraire, céphalique et donc pour son usage médical, y compris pour les grands dont Catherine de Médicis (depuis connu sous l'appellation d'Herbe à la Reine.

Une assiette à saignée datant du 18e siècle et une gravure d'une ventouseuse.

Un étui à saignée.

La médecine de son époque était basée sur l’équilibre des humeurs, celles que l’on retrouve dans les discours des médecins de Molière. Il s’agissait du sang, de la lymphe, de la bile et de l’atrabile (que personne n’avait jamais observée).​

Bol pour étudier les urines et un clystère pour le lavement.

Pour les maladies résultant d’un tel déséquilibre, les traitements visant à rétablir celui-ci étaient faits de saignées, de lavements et autres ventouses. Des débats interminables se déroulaient entre médecins pour savoir où pratiquer ces saignées : du côté malade ou de l’autre côté? A proximité du problème ou à distance ? Pour apporter des réponses à ces questions, Vésale a pratiqué des dissections, ce qui lui a permis de préciser où il était préférable de planter la lancette.

 Alors qu’il était médecin de Charles Quint, Vésale est envoyé par l’Empereur auprès du roi de France Henri II. Celui-ci avait reçu une lance dans l’œil au cours d’un tournoi. Ses médecins ne parvenaient pas à le traiter efficacement. En bon scientifique, pour comprendre la blessure royale et tenter de mieux adapter son traitement, Vésale a fait refaire expérimentalement le trajet de la lance à travers des têtes humaines récupérées sur les cadavres des condamnés à mort. Bien que cela n’ait malheureusement pas servi, en fin de compte, à sauver le roi de France, il y avait là, une fois de plus, une vraie démarche scientifique.​

Lorsque Don Carlos, fils du futur roi d’Espagne Philippe II, lui-même fils de Charles Quint, fit une chute dans un escalier, le médecin bruxellois fit des merveilles. Appelé à son chevet alors qu’il était comateux, Vésale a perforé le crâne du jeune prince et a évacué le sang qui s’y trouvait épanché. C’est encore aujourd’hui la base du traitement de certaines hémorragies intracrâniennes.

Moulages en cire : amputation d'un pied, blessure à la tête d'un soldat, malade atteint de syphilis et l'accouchement...

Représentation de la momie de Charles Quint retrouvée dans son tombeau à L'Escurial, ouvert par les insurgés de la Révolution de 1868. Son corps est décharné, édentition complète de la mâchoire supérieure, déformations des doigts et des orteils. Des radiographies d'un doigt réalisées en 2004 confirment le diagnostic de la goutte. 


Un documentaire d'Arte sur la vie de Vésale

Commentaires (1)

1. pascal 28/12/2015

rien a dire de plus que Divin

Ajouter un commentaire

Vous utilisez un logiciel de type AdBlock, qui bloque le service de captchas publicitaires utilisé sur ce site. Pour pouvoir envoyer votre message, désactivez Adblock.

Créer un site gratuit avec e-monsite - Signaler un contenu illicite sur ce site

×