Béguinage de Sainte-Agnès, datant de 1256. Ce béguinage de Saint-Trond fait partie des treize béguinages flamands classés en 1998 au Patrimoine mondial.

Les petites maisons des premières béguines étaient pour la plupart des maisons en bois et en torchis, les fouilles récentes ont laissé au jour certains vestiges des colombages...Fin 18e siècle presque tous les bâtiments primitifs avaient fait place à des maisons de pierres, plus solides et moins propices aux incendies.


L'originalité de ce béguinage réside dans son église où se mêlent des éléments de style roman et gothique.

L'église Sainte-Agnès est érigée peu après la fondation du béguinage en 1265 et est agrandie au début du 14e siècle puis à nouveau au 15e siècle.

Ce qui impressionne particulièrement en entrant dans l'église, ce sont les extraordinaires fresques qui la décorent...Nous percevons immédiatement pourquoi elle est retenue comme Patrimoine mondial et fut restaurée sous l'égide de l'Unesco à partir de 1972...
Mais au tout début du 19e siècle, plus personne ne connaissait l'existence de ces fresques ! C'est ,en effet, par hasard lors d'un occasionnel nettoyage des murs enduits qu'un ouvrier plus attentif fut alerté.

Les murs et les piliers sont ornés de 38 peintures du 13e au 17e siècle, illustrant la vie de la Vierge et d'autres saints.

Ces fresques médiévales furent découvertes entre 1860 et 1934 sous l'enduit dont elles avaient été couvertes au 17ème siècle.

C'est avec l'appui de l'UNESCO que, de 1972 à 1984, Cornelis LEEGENHOEK, un archéologue, donnera aux fresques de Sainte Agnès leur splendeur actuelle tout en respectant scrupuleusement l'état initial, sans aucun ajout nouveau. 
 


Ce sont des témoins uniques de la conviction religieuse au Moyen Age.

Rappelons que les Béguines en « féministes » combattantes (souvent en opposition avec l'Eglise de Rome et les éminents prélats et penseurs masculins) ont privilégié dans leur église la représentation de femmes : la Vierge tout d'abord dans différents moments de sa vie, Marie-Madeleine, tant aimée de Jésus, mais aussi des saintes, chanoinesses, abbesses ... Saint François et saint Hubert y sont aussi admis ... et quelques saints plus tardivement représentés sans doute à cause d'une dévotion particulière de la donatrice.

Très visible, dès l'entrée dans l'église, Sainte Agathe de Sicile (à gauche) montre clairement une résistance de femme aux bourreaux masculins qui la martyrisent plus particulièrement dans sa féminité.

Vue vers l'arrière de l'église.

L'orgue Ancion  est considéré comme le plus homogène et le plus complet en Belgique. Cet orgue historique exceptionnel datant de 1644, a été construit par le facteur d'orgue Christian Ancion. 

Elles semblent modestes mais, même s’il serait impossible d’y jouer les œuvres de Bach, elles permettent d’organiser des concerts de musiques anciennes et sont donc très demandées pour ce style antérieur au 17e siècle.

De nombreuses dalles funéraires se trouvent sur le sol.

Un bénitier datant de 1700 sur un des piliers.

L'accès au béguinage est strictement surveillé et tout homme (y compris le prêtre de leurs offices) doit quitter le béguinage à 19 h en hiver et 21 h en été. Une cloche bizarrement attachée au clocher de l'église sonne chaque jour à cet effet...On y accédait par cette tourelle-escalier située dans le choeur.

Tout autour de l'église, des buis sont taillés en forme de grande croix.

La dernière béguine est morte en 1860.

 

 

 

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