La vie des béguines

Connaissez-vous les béguinages ?

Il y a 3 ans, j'ai eu un véritable coup de coeur quand j'ai visité le Grand Béguinage de Louvain et cela m'a donné envie de connaître leur histoire mais surtout d'apprendre comment vivaient les béguines entre-elles, comment se déroulaient leurs journées...

J'ai envie de partager cette passion pour les béguinages avec vous par le biais de mes photos.

Je ne vais pas vous détailler tout l'historique des béguinages flamands, ni les différents types car c'est vraiment long.

Il existe de nombreux sites sur ce sujet comme par exemple Les béguinages flamands par Wikipédia


À la fin du XIIe siècle, des femmes qui n’étaient pas des religieuses, ont commencé à se regrouper, sans doute pour se défendre contre les pillages au moment où tellement d’hommes partaient guerroyer aux Croisades. À cette époque où les couvents étaient surpeuplés, ces femmes allaient trouver une nouvelle façon de vivre leur foi, sans prononcer de vœux permanents et en restant relativement indépendantes. Pendant leur séjour au béguinage, elles pouvaient conserver, leurs biens et la jouissance de leurs revenus et quitter éventuellement le mouvement pour se marier. On les a appelées les béguines.

D'OU VIENT L'ETYMOLOGIE DU MOT BEGUINE ?

Le mot serait déduit du vieux flamand beghen, qui signifie «prier» ou «mendier» et serait un sobriquet pour tourner en dérision la spiritualité de ces femmes qui s'opposaient d'ailleurs à la mendicité. 

Selon une autre tradition, les béguines devraient leur nom à sainte Begge, qui érigea un monastère de femmes à Andenne en 692 et qui serait la sœur de sainte Gertrude de Nivelles, où le tout premier béguinage aurait été fondé.


COMMENT VIVAIENT LES BEGUINES ?

Les béguines vivaient dans de minuscules maisons individuelles mitoyennes regroupées autour d’une cour ou le long d’étroites ruelles, protégées par un rempart ou mur d'enceinte, fossé...

Ces petites villes qu’on a appelées béguinages se sont d’abord développées autour d’une église à l’extérieur des villes avant d’y être finalement intégrées.

Chaque béguinage comprend, en outre, quelques places et des rues aux abords desquelles sont établis les constructions et les zones vertes. Au centre se dresse l’église. Dans l’entourage immédiat l’on trouve l’infirmerie.

A côté de l’infirmerie, nous trouvons généralement la maison de la Grande-Dame.
C’est elle qui dirigeait le béguinage.

Au sein du béguinage, les femmes de toutes conditions - veuves ou demoiselles ont trouvé protection sans pour autant renoncer à leur liberté et, éventuellement, à leur fortune. Les béguines échappent aux contraintes de la communauté conventionnelle et à l'austérité de la clôture. Elles faisaient voeux d'obéissance et de chasteté ; mais non de pauvreté. Ces voeux étaient temporaires, elles pouvaient les dénouer et étaient, en théorie, libre de quitter le béguinage. Cependant, leurs fautes pouvaient être sanctionnées; les plus graves étaient " d'introduire un homme pendant la nuit " et le pêché d'impureté...

Les "convents" sont très typiques pour un béguinage.

Il s’agit de maisons communautaires dans lesquelles un certain nombre de novices ou de béguines vivaient et travaillaient sous la direction d’une dame.

Quand une béguine était acceptée définitivement et si elle disposait de ressources financières suffisantes, elle pouvait louer ou acheter, jusqu’à la fin de ses jours, une maison de l’enclos. Après sa mort, la maison revenait au béguinage.

En outre, chaque béguinage comprend encore une porterie, une léproserie ou blanchisserie, des étables, une basse-cour, une brasserie, des jardins et des prés.

Les habitations destinées aux prêtres, furent érigées à l’extérieur de l’enclos.

Ces "femmes entre elles" travaillaient : elles se spécialisaient dans la dentelle, parfois dans des travaux plus rudes comme filer et tisser la laine et le lin. Elles produisaient du chanvre, lavaient, repassaient, fabriquaient des bougies, des hosties, éduquaient les enfants, assistaient vieillards, malades et pauvres.

Les guildes médiévales en prirent parfois ombrage, accusant les béguinages de concurrence déloyale ! 


ORGANISATIONS HIERARCHIQUES DES BEGUINES

À la tête d’un béguinage se trouvait la Grande-Dame (Grootjuffrouw). Élue par les maîtresses, elle était chargée de faire respecter les statuts et de contrôler l’organisation générale. Certains grands béguinages pouvaient en avoir plusieurs.

La Grande Dame se faisait assister par un ou plusieurs mambours, agents masculins chargés d’effectuer les transactions financières en vue de l’acquisition de propriétés et, le cas échéant, de mener des affaires en justice au nom du béguinage. Il était en effet interdit aux béguines de poursuivre de telles activités.

Au second rang, on trouve la maîtresse de l’hôpital. Celle-ci avait notamment dans ses attributions la gestion de la caisse, appelée aussi table du Saint-Esprit, laquelle était alimentée, outre par les modestes contributions hebdomadaires des béguines, par des donations et des legs, et qui permettait de financer le séjour à l’infirmerie des béguines nécessiteuses qui en raison de maladie ou de vieillesse n’étaient plus en mesure de subvenir à leurs besoins.

Vient ensuite la maîtresse de l’église, la sacristaine, à qui étaient confiés l’entretien et les dépenses de l’église. Elle dirigeait aussi la chorale, destinée à donner du lustre aux offices, et les exercices spirituels.

La concierge du béguinage faisait partie également de ce second rang. Main-courantière du béguinage, son rôle était de surveiller les mouvements d’entrée et de sortie des béguines, des livreurs de matériaux et de vivres, des visiteurs et des travailleurs externes.

Au troisième rang se situent les maîtresses des convents : elles étaient responsables du bon ordre général, du respect des règles et du bon fonctionnement dans le convent qui leur a été attribué, et, s’il s’agissait d’un convent de novices, de la formation de celles-ci. Ces règles, qui peuvent avoir été prescrites par le fondateur, comprennent des devoirs de prière ou des exercices religieux en mémoire du fondateur et de sa famille.

Chez les béguines elles-mêmes existaient également des degrés de situation.

Il y avait tout d’abord les béguines propriétaires de leur propre maison, soit qu’elles l’avaient fait construire par leurs moyens propres, soit qu’elles avaient acquis une maison existante à l’occasion d’une vente publique dans le béguinage. Le titre de propriété valait pour la vie ; après le décès de la béguine, la maison revenait à la communauté, qui la remettait en vente.

Venaient ensuite les béguines locataires d’une chambre dans un des grands immeubles, dont elles devaient assumer elles-mêmes l’entretien.

Enfin, il y avait les béguines dépourvues de revenus propres et les novices, qui étaient hébergées dans les maisons communes: les convents, et devaient travailler pour subvenir à leurs besoins; néanmoins, elles recevaient des aides pour l’achat de nourriture et de bois de chauffage.

Cette hiérarchie déterminait l’ordre de préséance dans l’église. Lors des offices, les grandes-maîtresses prenaient place tout à l’avant, suivies des maîtresses, des béguines propriétaires, puis des béguines sans fortune et des novices.


Si les béguines ont disparu, il reste des traces de leur histoire dans les béguinages. On en compte une vingtaine dans le nord de la Belgique. Bravant le temps, ils continuent à jouer un rôle social. Gérés par des organismes sans but lucratif, ils ont été transformés en musées, centres culturels, logements sociaux, maisons de retraite, ou appartements d’étudiants. 

Depuis 1998, treize béguinages de Flandre sont inscrits sur la liste du patrimoine mondial de l'UNESCO :

  • Bruges
  • Termonde
  • Diest
  • Gand
  • Hoogstraten
  • Courtrai
  • Louvain
  • Lier
  • Malines
  • Sint-Amandsberg
  • Saint-trond
  • Tongres
  • Turnhout

Quelques sites pour votre information

Site du Patrimoine Mondial de l'Unesco

Les béguines par Wikipédia



Découvrons les béguinages Clin d'œil

 

 

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Commentaires (2)

1. Brigitte Vanderhaegen-Limage 26/04/2014

j'ignorais tous ces détails ,j'en ai visité 3 ou 4 mais j'aurais aimé t'avoir pour guide,très interressant comme toujours !

2. Elodie 29/05/2012

Leurs vies devaient quand même être moins ennuyante que pour celles qui étaient dans un couvent.

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