Moulins souterrains du Locle

Les moulins souterrains du Col-des-Roches se trouvent dans le canton de Neuchâtel en Suisse, proche de la frontière avec la France et des villes du Locle et de la Chaux-de-Fonds. Ils sont uniques en Europe.

Le col-des-Roches est situé dans le massif du Jura à une cinquantaine de mètres de la frontière française. Il permet de relier Le Locle (canton de Neuchâtel) en Suisse et Villers-le-Lac (département du Doubs) en France.

Au 17e s, la région était trop marécageuse pour y construire un moulin le long de la rivière Bied.  Mais un moulin était nécessaire… L’idée est donc venue de profiter du courant de cette petite rivière au moment où elle disparaît dans l’emposieu du Col-des-Roches. C’est ainsi que le premier moulin fût construit dans la grotte.

Plus tard, c’est jusqu’à 5 roues hydrauliques qui tourneront ensembles, pour actionner plusieurs moulins à grains, mais aussi pour actionner une scie pour débiter des billes de bois et pour faire de l’huile. Les meules à huile écrasaient des noisettes, des graines de courge, suivant la saison, pour fournir le combustible nécessaire à l’éclairage des activités au sein de la grotte.

Les moulins passeront par divers propriétaires qui moderniseront l’appareil de production et finiront par diminuer le nombre de roues à trois, pour finir par plus qu’une seule roue.

Je ne partagerai pas avec vous les photos prises dans la grotte car elles sont toutes râtées. Les deux vidéos vous permettrons de faire une visite agréable avec de beaux résultas.

Une exposition permanente dans le musée sert de premiers pas dans l’histoire des lieux, des maquettes, de l’évolution de la culture et de la fabrication du pain. Pain qui, jusqu’à la fin du 19e, fut la principale nourriture. Chaque adulte en consommait 800 grammes par jour. Il était alors fait avec de la farine d’avoine ou d’orge surtout, le climat humide de la région étant peu propice à cultiver du blé.

Les meuniers de l’époque, qui transportaient sacs de grains et farine sur le dos, devaient aussi entretenir et réparer les installations. Cela à la faible lumière de lampes à huile. En suivant leurs parcours à travers couloirs étroits et marches glissantes taillées dans le roc, on s’imagine leurs rudes conditions de travail, dans un incessant vacarme.


Dans le carnet de notes d’un illustre voyageur...

« Juste au pied du rocher, il y a une petite maison. Oh ! Je la vois si bien : toute blanche, peinte à la chaux, les cadres des fenêtres bleus… Nous descendons un escalier, jusque dans les caves. Ici on trouve des sacs, des coffres pleins de blé. Sous nos pieds nous entendons un grondement bizarre. Encore quelques marches et nous devons allumer la lampe, tant il fait sombre. Nous nous trouvons maintenant dans un moulin à eau, un moulin souterrain. Bien au-dessous du sol mugit un torrent ; personne, là-haut, ne s’en doute ; l’eau tombe de plusieurs toises sur les roues bruissantes, qui tournent et menacent d’accrocher nos habits et de nous faire tourner avec elles. Les marches sur lesquelles nous nous trouvons, sont usées et humides ; des murs de pierre l’eau ruisselle, et, tout près, s’ouvre l’abîme. Oh ! Tu aimerais ce moulin comme je l’aime ! »

Hans Christian Andersen, 1836
dans Voyages en Suisse : journal 1833-1873

 

 

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