Tourbières des Ponts-de-Martel

Les Ponts-de-Martel sont une localité des montagnes du canton. On se situe ici à 1000 mètres d’altitude et on est proche de la ville horlogère de la Chaux-de-Fonds.

Magnifique réserve naturelle dans un décor délicieusement feutré digne de la Laponie.

Les Ponts de Martel tiennent directement leur nom de la nature marécageuse des lieux, car « marte » signifiait petit marais, marécage.

Le sentier des tourbières se prête bien à une balade familiale, car c’est court et tout à plat. Le sentier existe depuis 1998.

On marche sur de jolis pontons surélevés au-dessus de la tourbière,

un chemin qui vous emmène à travers marécages,

lande

et bois de bouleaux...

Un passage dans les sous-bois mène d’abord au pied d’un mur de tourbage de presque deux mètres de haut, qu’enjambe une longue passerelle.

Sur la deuxième moitié du parcours, la végétation est moins dense. Nous sommes dans la zone où la tourbe horticole a été exploitée de 1960 à 1995. Là, noirâtre, elle affleure. La température du sol peut atteindre 55°C en surface.

Comment se forme une tourbière?
L’aventure commence il y a... 14 000 ans! Lorsque les glaciers se retirent de nos régions, ils laissent derrière eux une couche argileuse imperméable, appelée marne. Une vaste zone marécageuse recouvre alors le fond de la vallée. Elle est uniquement alimentée par des eaux de pluie, très pauvres en nutriments. La sphaigne est l’une des rares plantes à se satisfaire de ces conditions extrêmes. Elle forme alors des tapis compacts en s’associant avec des milliers de ses semblables. Ensemble, elles transforment la tourbière en immense éponge. L’eau contrariant fortement le travail des organismes décomposant, elle favorise l’accumulation de végétaux morts. Peu à peu, en profondeur, la sphaigne fait place à la tourbe alors qu’en surface, elle poursuit l’édification du haut marais.

La sphaigne est une mousse qui sécrète des acides et contribue, entre autres, à transformer l’argileuse tourbière en grosse éponge, humide en permanence ! Alimentée par les eaux de pluie, la tourbe (autrefois précieux combustible, aujourd’hui engrais prisé) offre un biotope unique à une faune et une flore aux noms enchanteurs et menacés telles la canneberge rose, la linaigrette blanche, la vipère péliade, la libellule leucorrhine douteuse ou encore la cicindelle, un insecte aux reflets verts métalliques.

Des sphaignes. Elles secrètent des acides qui donnent une couleur rouille à l’eau. D’où le nom: Marais-Rouge.

Les sphaignes ont également été utilisées comme pansement chirurgical depuis la 1ère guerre mondiale en raison de ses qualités antibactériennes et sa capacité à absorber six fois plus de quantité de fluide que le coton.

A certains endroits, la couche de tourbe mesure jusqu’à 4 mètres! Pour mesurer le caractère précieux de ce milieu, il faut savoir combien de temps met une tourbière pour se former. Il faut compter environ un millimètre par année, donc un mètre de tourbe représente mille ans de formation.

Ces hauts-marais sont des milieux très anciens. Une prise de conscience sur la nécessité de protéger ces zones plutôt que de les exploiter a conduit à la réalisation de cette réserve naturelle en 1995. Jusqu’à cette date, la tourbe était exploitée par les habitants pour se chauffer par exemple.

L’exploitation de tourbe est interdite en Suisse aujourd’hui.

C’est une charrette de transport, ou bauche, datant de 1933 et récupérée auprès d’une famille de la commune qui accueille le promeneur à l’entrée du sentier. Une bauche correspondait à 3 mètres cubes de tourbe.

Il y avait aussi  de vieilles cabanes de bois qui servaient à l’époque à l’entreposage de l’or brun, lorsqu’il était exploité comme combustible, dès le 18e siècle et jusqu’à la Seconde Guerre mondiale.

Photo datant de 1901 d'une machine à vapeur pour faciliter le travail de l'extraction de la tourbe : source Musée d'Histoire de la Chaux-de-Fonds.

Ensuite, la tourbe a été utilisée en horticulture pour sa faculté d’aérer le sol, de retenir l’eau et de stocker les éléments nutritifs. La manière de l’extraire du terrain a alors changé du tout au tout.

Aux Ponts de Martel, la tourbière a recouvert près de 1500 ha par le passé, mais aujourd’hui, il n’en reste plus que 227 ha. Et la végétation originelle primaire ne couvre plus que 11,9% des hauts-marais selon Pro Natura.


Le parcours est agrémenté de vitraux créés par l’artiste Daniel Richard, petits clins d’œil à découvrir suspendus dans les arbres.

Ces expositions changent tous les deux ans.

Mariage du verre et de la nature, jeu de transparences et de couleurs, amènent le promeneur à observer et découvrir les plantes autrement.

Ceci n'est qu'un tout petit aperçu de ces expositions. J'ai tellement de photos que c'est difficile de faire un choix.


Une vidéo très intéressante à voir : une visite guidée avec toutes les infos sur les tourbières. Sa durée est de 25 minutes. Deux fillettes posent des questions au guide sur la formation des tourbières, la faune et la flore...

 

 

 

 

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Commentaires

  • Divin
    • 1. Divin Le 07/03/2020
    Superbe reportage, on en apprend beaucoup... merci
    Le plus bête est que je suis allé à la Chaux-de-Fonds et j'ai loupé ça...
    Bisous