Photos prise en mai 2019

Histoire(s) gravées ou quand les murs nous racontent...

Exposition à ciel ouvert, du 11 mai au 16 novembre, reprenant par thèmes, les plus beaux, les plus étranges ou les plus cachés des graffiti du territoire.

Lieu : autour des locaux de la Communauté de Communes Campagne de Caux – GODERVILLE.

Graffito (graffiti au pluriel) vient de l'italien graffiare, griffer.


Les graffiti témoignent de l’occupation d’un lieu par des hommes, de leurs occupations, de leurs croyances et de leur mode de vie. Graver le bois, la pierre, est une activité typiquement humaine qui prend sa source dans la Préhistoire. Les Romains en étaient très friands : ils gravaient sur les murs des petites phrases témoignant de leur idées politiques, amours, rancœurs, des traces du quotidien que l’Histoire, la grande, a parfois oublié.

Ils sont aujourd’hui considérés comme source documentaire à part entière au même titre que l’écrit. Ce sont des témoignages historiques d'anonymes.       

Sur le territoire cauchois, dont l’architecture date essentiellement d’après les Guerres de Religion, la grande période des graffiti s’étend du 15ème au 18ème siècles, pour s’éteindre peu à peu au 19ème quand la notion de patrimoine s’est développée. En effet, ils sont alors devenus du vandalisme.

Les églises anciennes  de Haute-Normandie ont en commun d'être bâties en pierres tendres la craie ou le calcaire lutétien qui se prêtent bien à la gravure de graffiti. Ceux-ci peuvent être très abondants, couvrant les murs extérieurs d'églises qu'entourait jadis et qu'entoure souvent encore le cimetière. 

La particularité des graffiti religieux est l'utilisation de la cupule. Il s'agit d'un enlèvement de matières de forme circulaire et hémisphérique. A chaque cupule correspond une prière à l'image de chaque grain de chapelet.

Christian MONTENAT et Marie-Laure GUIHO-MONTENAT ont dressé une liste précise des différents thèmes gravés, ils sont très variés. Les mêmes figures se retrouvent dans des régions différentes à des centaines de kilomètres de distance.

Elles sont en majorité d'inspiration religieuse : croix innombrables, calvaires, cloches, objets du culte, représentations d'églises, voire de cathédrale...

Pourtant quantité d’histoires, heureuses comme malheureuses, s’écrivaient sur les murs. Les surfaces de calcaire tendre, nombreuses ici, proposaient autant de supports d’écriture idéaux : les premiers gravant l’espace mural à leur niveau ; les suivants utilisant les pierres supérieures ou inférieures, les derniers gravant par dessus, pour donner parfois un enchevêtrement hétérogène.

Les outils utilisés n'étaient probablement pas appropriés à cet usage.  Clous, silex, éléments de boucles de ceintures, canifs, cuillères, fragments métalliques divers, ont sûrement été utilisés parfois aussi des ciseaux formant compas, pour le tracé des cercles et des rosaces.

Une chaussure.

A ceci s'ajoutent d'autres figurations très variées : outils et instruments divers, objets manufacturés, animaux, ainsi que différentes catégories de dessins abstraits. Ces graffiti composent tout un langage de signes et de symboles mêlant religion, croyances et superstitions.

Le riche corpus de graffitis gravés aux murs des églises, dans de nombreuses régions du Bassin parisien accorde une place modeste au bestiaire. Trois figurations sont présentées : le coq, le cheval et le cerf, qui possèdent des caractéristiques très différentes quant à la constitution de leur valeur symbolique. Mais point de coq et cerf sur les murs cauchois. Quant au cheval, plus que l'animal, c'est son fer qui est représenté, voire le cavalier et son cheval. Par contre des oiseaux (pigeons ou colombes) ont été trouvés ainsi que des chats. 

Le premier s'explique facilement : le droit de colombier était très important en Normandie. Infos sur le colombier cliquez ICI

La représentation des chats reste une énigme.


Que peut bien être cet "oeil" qui nous regarde depuis le mur d'enceinte d'une ferme ?

Un ostensoir ? Un signe ésotérique ? Un cadran solaire décoré ? 

On sait qu'il existait des cadrans pour le temps de travail des journaliers qui fonctionnaient avec des cailloux. Les enlèvements de matière pourraient correspondre à leurs emplacements.

Sans d'autres indices, l'énigme reste entière... d'autant que le réemploi de pierres rend parfois impossible l'interprétation des graffiti, les pierres ayant  complètement changé de contexte. 

 

 


Représentations de moulins à vent.

La reprise répétée d'un dessin de moulin à vent sur les murs d'une église d'un village et sur les murs des fermes aux alentours permet sans doute de confirmer la présence d'un édifice disparu. Certains graffiti permettent de mieux comprendre la forme de l'édifice.


Les graffiti marins.

Les dessins de bateaux figurent parmi les représetations les plus nombreuses malgré l'éloignement de la mer comme de la Seine.

Les gravures figurent essentiellement des navires, mais aussi des éléments de navire (ancre, pavillon, greement, éperon) ou de navigation (balise), des animaux (poisson, oiseau de mer) et des inscriptions maritimes.

Les graffiti de navires normands désignent des bâtiments de commerce et de cabotage. Les bateaux fluviaux sont rares. 


Pour compléter les informations concernant les graffiti en Seine-Maritime et  découvrir leur localisation, vous pouvez consulter un site en cliquant ICI


En route vers Fécamp pour une exposition de photos aériennes de la côte normande

 

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