Photos prises en juin 2018

Autour de la collection de Léon Dufour, pédiatre et promoteur à partir des années 1890 de « La Goutte de lait », une campagne qui fut très active pour promouvoir la stérilisation du lait destiné aux nourrissons.

Le quartier maritime de Fécamp abrite les logements des marins, parfois très précaires, et pendant que les femmes travaillent au poisson, les enfants jouent dans les rues, mal pavées en galets de mer, où "les détritus de poissons se décomposent, se putréfient, répandant des odeurs fétides".

Léon Dufour constate avec stupeur que la mortalité infantile est beaucoup plus importante dans le quartier maritime que dans le centre-ville. Les épidémies de diphtérie causent des ravages, les entérites sévissent à cause de "l'alimentation vicieuse" des nouveaux-nés. Il fait preuve d'une patience et d'une persévérance sans bornes pour éduquer les jeunes mamans bien souvent ignorantes des dangers du manque d'hygiène pour leurs bébés. 

La Goutte de lait désigne une organisation destinée à distribuer du lait stérilisé aux mères qui ne peuvent allaiter leur enfant, à dispenser une consultation des nourrissons et à proposer une éducation maternelle en puériculture et hygiène. Elle a été créée dans la commune française de Fécamp en 1894.

Chaque jour, un lait sain était préparé et distribué aux mères qui ne pouvaient pas allaiter leur enfant. En échange, elles étaient tenues d’amener leur bébé à la consultation une fois par semaine pour qu’il y soit pesé et examiné par le médecin.

Un panier métallique rempli de neuf à dix biberons, soit autant que l'enfant prend de repas par jour, est remis chaque matin. Quant au lait lui-même, Léon Dufour estime que «la vache n'est pas plus destinée à nourrir un enfant que la femme un veau», et «humanise» le lait frais qui a d'abord été contrôlé pour être ramené à une composition proche du lait de femme: on modifie après centrifugation les proportions de graisse et on ajoute de l'eau, du lactose, du sucre et du sel au lait d'origine. Le lait est ensuite systématiquement stérilisé dans le flacon de verre muni d'une tétine facile à nettoyer. 
Les résultats de l'action de la Goutte de lait sur la mortalité infantile - en particulier due aux affections du tube digestif ou par gastro-entérite - sont réels et significatifs.

Progressivement, l'aide sera apportée à la mère pendant la grossesse, pendant et après l'accouchement, et l'enfant sera suivi pendant les deux premières années de sa vie.

Les tableaux de coprologie infantile (étude des matières fécales) étaient accrochés aux murs, afin d’apprendre aux mères à reconnaître dans les selles de leurs enfants tel signe de bonne ou mauvaise santé. »

Selle lors d'une gastro-entérite.


Le musée présente une belle collection de biberons et d'objets liés à la petite enfance comme on se la figurait au début du 20e siècle.

Biberons dans l'Antiquité.

Tire-laits dits "pipes" et bouteilles de seins (ci-dessous). Ils témoignent des difficultés rencontrées lors de l'allaitement maternel.

Dès la fin du 19e siècle, les industriels cherchent à fabriquer un biberon facile à utiliser et à nettoyer et se rapprochant de plus en plus de la tétée au sein. Divers matériaux sont testés comme le pis de vache parcheminé, l'ivoire flexible, puis le caoutchouc qui se généralise après l'invention de la vulcanisation en 1839 par l'américain Goodyear.

Modèles de différentes évolutions de tétines.

On les appelait les "biberons de la mort". Ces flacons étaient munis d'un long tuyau en caoutchouc dont une extrémité en verre plongeait dans le lait tandis que l'autre portait une tétine. Les mères et les nourrices apprécient la commodité du système, car la longueur de tuyau leur évite de tenir bébé sur leurs genoux et donc leur permet de pouvoir vaquer à leur occupation.

Permettant à l'enfant de téter tout seul et à volonté, ils étaient fort prisés au 19e siècle. Mais le tube, difficile à laver, devenait rapidement un véritable foyer microbien.


Collection de petites chaussures.

Bonnets et chaussures sont non seulement nécessaire pour protéger le bébé du froid, mais les matériaux utilisés, comme les motifs décoratifs, révèle la classe sociale auquel il appartient.

Pour apprendre à marcher et rester debout.

Les étuis à bébé protègent les enfants du froid et des animaux. En emmaillotant fermement les enfants, et en les installant debout dans ces étuis, on pensait favoriser leur croissance régulière et mieux les préparer à la marche. Quand ils sont en âge de s'asseoir, les bébés sont attachés sur des petites chaises.

Les landaux.

Les berceaux et petits lits.

Collier de pattes de taupes que l'on mettait autour du cou des bébés pour favoriser la percée des dents (fin 19e siècle).

Une couveuse pour prématuré.

Croquis du Docteur Dufour pour la réalisation d'une couveuse en 1903.

 

 

Aucune note. Soyez le premier à attribuer une note !

Commentaires (4)

1. Elodie 18/07/2018

Très intéressant et belle initiative pour l'époque. Merci :)

2. freyer marylou 17/07/2018

Comme toujours magnifique et surtout très intéressant reportage sur un sujet très peu connu.Merci

3. Mélanie Aublé 16/07/2018

c'est incroyable ce qu'un homme peut changer pour les autres. Merci.

4. Divin Voyageur 13/07/2018

Incroyable les découvertes pour la santé, et les instruments bizarre de ces époques.
Très intéressant, merci

Ajouter un commentaire

Créer un site gratuit avec e-monsite - Signaler un contenu illicite sur ce site

×