En forêt d'Eawy, au Val Ygot, la base de lancement de V1 réalisée en 1943 est un lieu de mémoire de la Seconde Guerre mondiale. De nos jours, les ruines des différents bâtiments et bunkers sont visitables, et la copie d'une fusée V1 est installée sur le pas de tir.

A l'entrée de ce lieu de mémoire, la stèle réalisée par Jean-Marc Depas, sculpteur local de renommée, représentant une femme bouleversée pleurant son enfant mort sur les genoux, est à la mémoire de toutes les victimes des armes secrètes.

Plusieurs centaines de requis de toutes nationalités participent à la construction des 13 bâtiments gravitant autour de la rampe et servant au montage des V1, à l'entreposage, à l'alimentation en eau et en électricité.

A l'automne de 1943, les Allemands commencèrent la construction d'une base de lancement pour fusées V1 dans la forêt près de la ville d'Ardouval, à 20 km au sud de Dieppe. 

A Noël 1943, les travaux sont pratiquement terminés sur le site du Val Ygot à Ardouval, comme sur tous les autres sites.

Cependant, grâce aux témoignages des travailleurs locaux (qui rentrent chez eux le soir) et aux espionnages du résistant Michel HOLLARD qui découvre un "engin mystérieux" et les rampes pointées sur Londres, les anglais sont prévenus. Ces derniers envoient alors des avions de reconnaissance, puis bombardent tous les sites V1. Beaucoup de travailleurs et militaires sont tués...

Hitler abandonne alors le projet.

 

Il y avait un grand nombre de ces sites très simples dans le nord de la France. Les avions sans pilote (V1) étaient acheminés, par le rail, depuis les usines de production en Allemagne puis étaient assemblés, préparés et tirés depuis chaque site de lancement.

La conception légère et la petite taille de ces bases était un choix délibéré des Allemands. Elles étaient ainsi rapides à construire, nécessitaient peu de matériaux de construction et étaient plus difficiles à repérer par les avions alliés. Néanmoins, comme la plupart des autres sites de lancement de V1, la base d'Ardouval était connue des Alliés et fût la cible de nombreux bombardements depuis décembre 1943 et jusqu'à ce que les Allemands l'évacuent en juin 1944.

Pour débuter la visite des lieux, on peut apercevoir à sa gauche l'abri de réception des V1.

C'est ici qu'étaient déchargés les V1 qui arrivaient par camions.

La dalle qui est écroulée n'a pas été touchée par les bombardements mais on pense qu'il pourrait s'agir d'un sabotage occasionné par les prisonniers. Ceux-ci ne mettaient pas la dose prescrite de ciment dans le béton ou n'y introduisaient pas, ou peu, de ferraille. Ces actes de sabotage étaient relativement courant sur ce type de chantier.

Atelier d'assemblage des bombes volantes.

C'est dans ce bâtiment que les allemands procédaient au montage des différents éléments du V1 etc..., sauf les ailes.

Devant nous se trouve l'abri d'alimentation du site. C'est sous cette construction qu'étaient installées les pompes qui distribuaient l'eau sur l'ensemble du site qui servait également de stockage de carburant. 

Engin de manutention.

Ils comprennent groupe compresseur, groupe électrogène et une pompe à eau...

Parmi tous les bâtiments, c'est celui "amagnétique" qui est plus important, tant par sa fonction que par son prestige. Les allemands l'appelaient même "la cathédrale".

Il a été conçu pour effectuer les derniers préparatifs, juste avant le lancement des V1, notamment le réglage du compas magnétique. On y montait les ailes lors du réglage.

Un rail semi-circulaire permet de faire pivoter l'engin avec précision au cours des opérations de réglage. L'axe de ce bâtiment est rigoureusement parallèle à celui de la rampe de lancement. La structure du bâtiment ne comporte pas de métaux ferreux pour ne pas fausser le comportement du compas, mais c'était sans compter les actes de sabotages par les travailleurs prisonniers qui introduisaient dans le béton des objets métalliques (allant même jusqu'à des pioches), au risque de leur vie. Les matériaux en bois qui constituaient le toit furent enlevés après la guerre par les habitants démunis pour se chauffer.

Air de lancement des V1.

Les rampes de lancement ayant été expédiées en Angleterre pour empêcher les Allemands de les réutiliser, il a fallu faire revenir une portion de rampe longue de 20m, ainsi que la reproduction d'un V1 qui a été achetée en Angleterre.

La rampe du site d'Ardouval est orientée à 337° et pointée directement sur Londres qui est située à 200 km au nord-ouest. La distance entre la rampe de lancement et la cible avait une grande importance car le V1 s'écrasait au sol soit parce qu'il avait épuisé son carburant soit parce qu'une vanne prévue à cet effet coupait l'arrivée de combustible. Un tel système était très simple, mais pas très précis.

Une fois lancée, la fusée V1 n'était plus contrôlée, donc la rampe de lancement devait être orientée en direction de la cible. Il pouvait parcourir 250 km en 25 minutes.

A chaque lancement, il faut récupérer le piston et le petit chariot supportant la bombe volante. Le V1 quitte la rampe en 1 seconde, le piston et le chariot sont propulsés à plus de 200m.

Poids étalon. Il servait à tester la catapulte qui devait éjecter l'engin à plus de 300 km/h. Ce V1 d'exercice a les mêmes dimensions et le même poids que la bombe volante. Il est rempli de béton.

Bunker de contrôle de tir semi-enterré. Un officier y surveille la préparation et la mise en marche. Il déclenche par contact électrique le lancement du V1.

Cette mare cimentée d'une capacité de 100 mètres cubes était alimenté en eau à partir de Fresles. Cette eau était destinée au rinçage indispensable de la rampe contaminée après chaque tir ainsi qu'à l'extinction d'éventuels incendies. La réserve d'eau alimentait tout le site par des canalisations et était mélangée avec du produit anticorrosion.


Habitation des officiers et sous-officiers.

 

 

 

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