SAINT-MARTIN-DE-BOSCHERVILLE
La Ferme des Templiers

Sur la falaise calcaire qui domine les méandres de la Seine, un site miraculeusement conservé depuis le milieu du XIIe siècle. Le manoir gothique a gardé depuis près de 9 siècles les caractères d’accueil d’un manoir seigneurial.

Restauré par une famille de passionnés, ce domaine est un beau et rare témoignage de l'architecture civile gothique. Située au sud-est de l'abbaye Saint-Martin-de-Boscherville, près de la forêt de Roumare, l'ancienne ferme de pierre blanche perdue au fond d'un chemin est d'abord un manoir templier (XIIIe siècle) avant d'être mentionnée en 1449 en tant que dépendance de l'abbaye de Saint-Georges.

Elle a donc eu une fonction d'accueil et d'hôtellerie pour l'aumônier de l'abbaye.

A l'arrière de la ferme, on aperçoit la tourelle d'escalier.


Elle est surmontée de corbeaux de pierre qui soutiennent une galerie aujourd'hui vitrée et qui jouait autrefois un rôle défensif.

Enclos médicinal.


Le jardin est cultivé sans aucun traitement contre les insectes et les prédateurs divers. Il est également peu arrosé.


Ce jardin nous transporte au milieu du XIIe siècle à l'époque où Roscelin Clarembaud, chambellan de Henri II, bienfaiteur des Lépreux du Mont aux Malades occupait les lieux.

La plupart des espèces connues au Moyen-âge coexistent ici :
- les légumes que Charlemagne fait cultiver dans ses propriétés vers 800 : fêves, mongettes, crambe, panais, livêche ...


- les plantes aromatiques et médicinales qui forment le "jardin des simples" et qui permettent de fabriquer les remèdes (pavot, plantain, rue, aconit etc)


-les petits fruits rouges pour garnir les tartes,


-des fleurs telles que l'oeillet, l'iris ou la rose pour fleurir les autels,
- et l'épice la plus précieuse, le safran rapporté des Croisades !

Les lépreux trouvaient ici les plantes bienfaitrices, les promenades sous les rosiers ou les charmilles,

le repos assis sur les bancs de pierre, (bancs qui pouvaient être lavés à l'eau et empêcher ainsi la transmission de la maladie aux bien-portants !)

le long du chemin d’eau tirée du puits de 300 pieds.

Le puits dans la cour est l'un des plus profonds de la Seine-Maritime, mais, d'après les propriétaires, il ne cacherait pas de trésor !

Ce puits était autrefois protégé par un petit édifice, muni de cordes et de seaux. C'est un âne qui tirait l'eau dans un grand seau en fer battu de 50 litres.

Le toit du pressoir est couvert de tuiles de cèdre rouge coupées à la hâche.

Le pressoir dans lequel on écrasait les pommes du verger dans une auge de pierre circulaire pour la fabrication du cidre.

Le chenil.

Au Moyen-Âge, le manoir a également un colombier. Or chenil et colombier sont attachés à des privilèges que possèdent la ferme : avoir des chiens révèle un droit de chasse tandis que l'élevage des colombes est lié à l'étendue du domaine. 

Dans la chapelle Saint-Gorgon, très remaniée au XIXe siècle, et qui se situe derrière le manoir, on peut admirer des peintures murales de 1610 représentant les 12 apôtres et les femmes qui ont compté dans la mythologie et la religion. (peintures de la Renaissance, une procession d'apôtres et de sibylles tirées de la Bible).

Le 9 septembre, du Moyen-âge jusqu'aux années 1950, des centaines de jeunes gens viennent au pélerinage pour trouver l'âme soeur et avoir des enfants ; les vieux y demandent la guérison de leurs rhumatismes.

Les uns accrochent aux nombreuses statues leurs jarretières, les autres leurs cannes et tous repartent plus alertes...

d'autant qu'après la messe du matin, ont lieu foire aux dindons, fête foraine et bal !

A l'intérieur de la chapelle, dans les registres latéraux au-dessus des sablières, 24 petits personnages peints à fresque : les 12 apôtres et les 12 sibylles ...
 Qui sont les sibylles ? Des femmes qui prédisaient l'avenir dans l'Antiquité tout autour du Bassin méditerranéen.
Peu à peu intégrées dans la tradition chrétienne, elles sont considérées comme des prophétesses annonçant la venue du Christ.

Peintes vers 1611, elles ont les cheveux dénoués, preuve de leur étrangeté (les honnêtes femmes ont à cette époque les cheveux tressés et coiffés) et sont entourées d'architectures et de végétaux orientaux.
Au XVIe, ils dégustaient près de la chapelle St Gorgon les tartes aux pommes que les moines ont acclimaté ici dès 1600.


Et près de l'entrée un labyrinthe de buis rappelle la quête spirituelle commune à tous nos ancêtres ...

La rose Bonaparte à cause de son bouton en forme de chapeau de Napoléon.

 

 

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