Je vous avais déjà présenté en 2013 un reportage sur la vallée de la Durdent que vous pouvez relire à votre aise en cliquant ICI.

Je n'avais pas eu l'occasion de finir le trajet et voir où la Durdent se jette dans la mer.

En route donc vers VITTEFLEUR et ensuite VEULETTES-SUR-MER, lieu de son exutoire.


Situé le long de la Durdent à 5 kilomètres de la plage de Veulettes-sur-Mer, Vittefleur, labellisé Station Verte de Vacances depuis 2006, vous séduira par son cadre verdoyant et le charme de son patrimoine bâti.

Au début du Moyen-âge, les Saxons connaissaient déjà cet endroit qu’ils nommaient : « Whit Flow » signifiant flot blanchi.
Plus tard, les Vikings utilisaient le suffixe « floch » pour désigner un flot, une marée ou une étendue d’eau. Cette terminologie évolua pour donner « fleur ». Le nom de « Vik Fjord », signifiant une baie envahie par la mer, fut également donné par les Vikings.
L’ensemble de ces dénominations héritées des langues nordiques permet de penser que la mer remontait jusqu’à Vittefleur.

Le site de Vittefleur est occupé depuis la plus haute Antiquité mais la paroisse a été fondée à l’époque mérovingienne par le Comte Warreng, fondateur de l’abbaye de Fécamp.
En 988, Richard Ier de Normandie restitua à l’abbaye de Fécamp les prairies, vignes, bois, églises et moulins situés sur le domaine de Vittefleur.

Richard II, duc de Normandie, céda une partie de ses paroisses à l’archevêque de Rouen pour y imposer la juridiction de Saint-Siège. L’abbé de Fécamp récupéra ainsi les droits sur ces communes, dont Vittefleur, et en devint le haut justicier.

Les religieux vont jouer un rôle important dans le développement du village. Sous leur protection, la paroisse prospère.
Au recensement des activités en 1793, on y dénombre des moulins à blé, un moulin à huile, un autre à tan et une filature de lin. Au début du 20e siècle, une minoterie et une linerie fonctionnent toujours en plus d’activités maraîchères.

L'église Saint-Martin et la Mairie.

L'hôtel de la Baronnie en face du cimetière.

Ancienne place forte. Bâtisse édifiée au 14e siècle, sa façade en grès et silex est agrémentée de tuffeaux. 

Transformé en citadelle pendant la guerre de Cent Ans, cet hôtel fut ensuite rattaché à l'abbaye de Fécamp jusqu'à la Révolution avant d'être vendu comme bien national.

Jusqu'à la dernière guerre, la geôle du vieux château servit de prison comme en attestent des graffitis.

L'église Saint Martin. 
On retrouve la première mention de l'église de Vltteffeur en 988.


Cette église dédiée à Saint Martin comportait deux nefs entre lesquelles s'élevait la tour du clocher.

Deux têtes gravées sur la façade juste sous la tour. Je n'ai trouvé aucune information sur ces personnages.

Erigé en 1647, ce calvaire en grès est situé dans le cimetière.

La croix est en pierre, découpée en forme de soleil, dont les rayons constituent une roue. Cette dentelle calcaire présente un grand intérêt sur un plan historique et artistique.

Il possède un fût sculpté orné de fleurs, de fruits et de dessins religieux.

Tombes d'enfants en forme de lits-cages.

Le manoir des guerrots (17e et 18e)
L'édification de cet ensemble, appelé à l'origine Manoir de la Motte, date de 1630. On doit l'édification des deux pavillons latéraux à Jean-Jacques Bréant, devenu, par alliance, seigneur du château.

Après la révolution française, le château échappe à la vente des biens nationaux.

On dénombrait jadis 12 moulins le long de la Durdent, à blé, à tan ou à huile qui contribuaient à la prospérité du bourg.

Moulin à eau transformé en maison d'habitation.

Les moulins de la vallée de la Durdent ont servis à moudre le blé, la moutarde, fabriquer de l’encre à base d’écorces d’arbres, produire de l’huile, produire de l’électricité, fabriquer du papier, alimenter des filatures, des tanneries…

La minoterie

Après la 1ère Guerre Mondiale, elle approvisionnait les boulangeries de la région en sacs de farine.
Aujourd’hui, cette usine, l’une des plus petites minoteries de la région, n'utilise plus  l’énergie hydraulique fournie par la Durdent. Elle a conservé deux roues à eau pour le fonctionnement des meules et autres systèmes. Elle produit de la farine pour baguette appelée "grignette" que l'on retrouve chez les boulangers de la région. 

La Durdent près de la minoterie.

L'Hermitine

Après la 1ère Guerre Mondiale, cette usine était destinée à la fabrication d’un désinfectant destiné à soigner les plaies des soldats. Le produit, à base d’hypochlorite obtenu par électrolyse et ressemblant à celui conçu à la même période par un certain M. Dakin fut commercialisé ensuite et proposé aux nombreux hôpitaux militaires. 

A partir de 1930, elle commercialisa également de l’eau minérale. Les installations furent ensuite transformées pour produire de la farine de poisson.
Les bâtiments abandonnés furent rasés dans les années 1970.

Le village de Vittefleur possède une architecture typique du Pays de Caux conjuguant l’utilisation des colombages, du torchis, des briques, du silex et du grès.


Au fil de la visite, on découvre l’emploi de ces différents matériaux dans les constructions traditionnelles : manoirs, églises, habitations, calvaire…


Poursuivons le cours de la Durdent pour arriver à son exutoire à Veulettes-sur-Mer

 

 

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Commentaires (2)

1. pascal gatto 21/02/2017

La maison qui me plait et que je trouve au top ,c'est l’enceins moulin a eau . Super et Merci pour ton travail .BRAVO

2. Viviane Pirotte 10/10/2015

Magnifiques photos Nic et super travaille sur ton site continue et cela même si je ne vient pas souvent te rendre visite ici.Gros bisous

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